La fonte (1964)

Deux ans après la censure d’AVRIL (1962), son moyen métrage de fin d’études, Otar Iosseliani se fait engager pendant quatre mois comme ouvrier métallurgiste dans une usine de Roustavie, non loin de Tbilissi, en Géorgie. Imprégné de son sujet, en empathie avec les hommes qui travaillent au cœur de la fournaise, le jeune cinéaste tente de montrer sa propre vision, poétique, de la réalité ouvrière dans un petit court métrage documentaire d’une quinzaine de minutes.

Les premiers plans, magnifiques de simplicité dans leur cadrage, imposent un paysage solennel, froid, écrasant, pour le reste du documentaire : une usine monstre, des cheminées qui obscurcissent le ciel, une musique aux accents dramatiques et des sifflements infernaux ; classiquement, c’est la représentation visuelle des descriptions littéraires du nouveau monde industriel né au XIXe siècle, par les plus grands écrivains (Zola, Verne, Flora Tristan, Maupassant au Creusot, etc.). Passée cette brève introduction, le cadre matériel disparaît du premier plan, pour n’apparaître qu’en décor secondaire de l’action des hommes qui y travaillent – à la différence de SAPOVNELA (1959), où les fleurs, filmées en gros plans, occupent plus de la moitié du film.

Iosseliani filme un petit groupe d’ouvriers dans ce qui ressemble à une journée ordinaire : les efforts, les gestes répétitifs, le manque de protection face aux risques du travail de la fonte, les moments de détente (faire sécher les vêtements devant une gigantesque souffleuse ou griller des chachlyks sur une plaque incandescente), le vestiaire.

Il n’y a aucun commentaire, pas de voix-off, ni dialogues ni interviews. LA FONTE (Чугун) est un documentaire brut et le cinéaste justifie son ambition : « Je pense que montrer et ne pas commenter est la meilleure méthode pour transmettre l’étrangeté de chaque phénomène qui porte en soi un secret non formulable ». Iosseliani reste, avant tout, un auteur de fiction. Ses ouvriers sont, certes, de véritables travailleurs de l’usine, mais chaque séquence est filmée en suivant un ordre logique et ne prend jamais ses « acteurs » au dépourvu. Dans le livre qu’il consacre au cinéaste, Antony Fiant oppose ainsi le kino-pravda (« cinéma-vérité ») de Dziga Vertov au réalisme poétique de Iosseliani, qui filme ses sujets dans « des situations qui les honorent et les humanisent ».

Le cinéaste opère souvent avec un œil de photographe. Les instants de camaraderie reflètent une réalité mise en scène, comme ces célèbres photographies des ouvriers américains perchés au-dessus de Manhattan, le slogan publicitaire en moins, la poésie en plus.

À la suite, logique, de ses précédents courts métrages, Otar Iosseliani ne cherche pas à réaliser un documentaire à charge contre un système qui écrase l’ouvrier et le condamne à de longues et difficiles tâches répétitives, au milieu d’un environnement grisâtre. Le magnifique noir et blanc du film, signé Chalva Chiochvili, le montage, le choix des cadres, l’utilisation subtile de la musique et des bruits de l’usine, tout participe à la même sempiternelle recherche du beau. LA FONTE n’est pas un film engagé, c’est un éclair de poésie en clair-obscur dans les fumées lugubres de l’industrie soviétique.

On (re)découvrira ce film avec une immense joie sur Henri, la plateforme de la Cinémathèque française, ou dans le coffret DVD édité par Blaq Out en 2008.

Source

  • Antony Fiant, (Et) le cinéma d’Otar Iosseliani (fut), L’âge d’homme, 2002

Sapovnela – La chanson des fleurs perdues (1959)

Deuxième court métrage réalisé pendant ses études de cinéma, SAPOVNELA (Саповнела) est aussi la première expérience d’Otar Iosseliani avec les images en couleur, associées à une musique traditionnelle géorgienne comme personnage à part entière de ses compositions. Pendant une quinzaine de minutes, le jeune cinéaste filme successivement des fleurs en mouvement, puis le vieux jardinier de 98 ans qui s’en occupe, pour finir avec les images dramatiques de bulldozers qui retournent la terre et écrasent les plantes.

Au-delà de la fable « écologiste avant l’heure » (l’expression est à la mode), on peut facilement trouver dans ce court métrage documentaire l’expression d’un rêve quant au destin de la Géorgie et de son peuple, assimilés à l’incroyable liberté des fleurs, épanouies au milieu d’une nature préservée où l’harmonie fait loi, et soudainement confrontées à l’oppression du bulldozer/envahisseur russo-soviétique. Heureusement, sous les chenilles de la brutalité, la nature reprend ses droits, lentement ; les racines brisent le bitume, les bourgeons renaissent et les chants traditionnels résonnent à jamais au milieu des verts pâturages.

Une telle métaphore – un peu grossière – supposerait que l’on veuille chercher des idées dans le cinéma d’Otar Iosseliani. Peut-on lui faire plus grande injure ? Le cinéaste, quant à lui, préfère évoquer une « sorte de petit divertissement jovial » pour caractériser ce faux reportage, sur lequel on apposa une voix-off pontifiante en géorgien, qu’il refuse désormais de faire sous-titrer lors des projections publiques, considérant qu’elle ne faisait pas partie intégrante de ses choix artistiques.

L’intérêt de SAPOVNELA repose, en réalité, sur deux grandes forces esthétiques. La première est une expérimentation d’élève : le jeune réalisateur s’amuse à faire danser et chanter sa multitude de fleurs au rythme de la musique, envoûtante, par un habile travail sur le montage. Exposées au vent de la nature ou de la faible luminosité de la serre, les fleurs semblent être les choristes d’une symphonie pastorale immortelle, presque née d’outre-tombe. La seconde est une vision mélancolique de l’existence. Iosseliani filme le vieux jardinier sans jamais lui donner la parole, comme le serviteur voûté d’un jardin enchanté (l’Eden ?), où son rôle se limite à des compositions et à de l’entretien quotidien. Malgré la beauté de ce visage presque centenaire, la place de l’humain est dérisoire par nécessité, ou bien alors il saccage tout. Il ne serait pas étonnant que le cinéaste préfère les fleurs aux hommes.

Pour Iosseliani, ce « démiurge », la recherche de la beauté est nécessairement une mise en abyme. Le vieux jardinier ordonne la nature pour la rendre encore plus belle, et le spectateur reste époustouflé, soixante ans plus tard, devant l’incroyable beauté de ces images, de ces plans en apparence très simples. SAPOVNELA n’est pas un documentaire, mais un récit sur la nature perpétuelle, une oeuvre hors du temps. Le cinéaste se fait aussi peintre et poète, il compose sa propre Invitation au voyage.

Comme tous les autres courts métrages d’Otar Iosseliani, ce petit film est disponible gratuitement en visionnage sur la plateforme Henri (Cinémathèque française), depuis le confinement de mars 2020. Il apparaît aussi dans le coffret édité par Blaq Out en 2008.

Les courts métrages de Gadzhimurad Efendiev

Né en 1990 au Daghestan, en Russie méridionale, Gadzhimurad Efendiev est un jeune réalisateur que rien ne semblait prédestiner à la mise en scène. D’abord passé par des études scientifiques, puis un travail dans une entreprise américaine de génie civil, il découvre par hasard l’atelier de cinéma d’Alexandre Sokourov en Kabardino-Balkarie. Poussé par son désir de changement, il a déjà réalisé quelques films de fictions ou documentaires, disponibles en ligne sur Vimeo et YouTube.

Je n’ai pas réussi à mettre la main sur son premier court métrage de 7 minutes, Мельхет (2011). Si un internaute sait comment visionner ce film, qu’il n’hésite pas à nous partager l’information en commentaire (ou par message privé) !

Les deux premières œuvres du jeune réalisateur sont des courts métrages documentaires, tournés dans sa région d’origine. OUR DARLING PEOPLE ARE HAPPY (Our Closest are happy / Счастливы близкие наши, 2014) est un étonnant mélange de fiction et d’images d’archives : on y observe avec malaise des femmes laissées seules dans un village, loin de leurs hommes ou fils partis à la guerre – guerre qui met en scène d’autres mères, d’autres épouses, torturées par la mort d’un proche ou fières des vaillants soldats. Si le message est assez fort pour susciter un réel intérêt, le montage est approximatif et les effets trop voyants. Ainsi d’une rivière qui coule continuellement, en surimpression, et qui finit par se teinter de rouge, comme le dernier plan de THE BIG SHAVE (1967), l’un des premiers courts métrages de Martin Scorsese. Toutefois, le film donne le ton, la couleur et une cohérence aux œuvres suivantes.

WARM-HEARTED EYES (сердечные очи, 2014) est une autre curiosité. Gadzhimurad Efendiev filme les passagers d’un train-couchettes, confinés entre les couloirs des wagons, les lits et de petits enclos où passer le temps. Personne ne semble s’ennuyer mais les regards vers la caméra étonnent le spectateur-voyeur. Il n’y pas de mise en scène, pas de dialogue avec les voyageurs, pas de travail sur les cadres ni la lumière. Le court métrage ressemble à une photographie vivante, un instantané étiré. On peut trouver cela intéressant quelques minutes mais, avec un peu de franchise, l’ennui n’est pas bien loin. Le jeune réalisateur a déclaré dans une interview avoir appris d’Alexandre Sokourov la passion « des gens » et l’observation « des visages humains ». C’est ce qu’il s’applique à faire ici pendant une dizaine de minutes, en oubliant, hélas, de donner un véritable relief cinématographique à ce reportage. Peut-être est-il inspiré par les cinéastes soviétiques de l’avant-garde, tels Dziga Vertov (L’HOMME À LA CAMERA / Человек с киноаппаратом, 1929) ou Lev Koulechov (SUR LE FRONT ROUGE / На красном фронте, 1920), qui essayèrent d’abaisser les frontières entre la fiction et le documentaire, avec un certain succès critique – de quoi justifier « l’œil » utilisé dans le titre.

Fait amusant pour ces deux premiers films, on retrouve au générique trois autres noms célèbres ayant participé à la post-production : Vladimir Bitokov, Kantemir Balagov et Alexandre Zolotoukhine, alors élèves de l’atelier.

Les deux courts métrages suivants sont beaucoup plus affirmés ; l’amateurisme et les expériences formelles s’éloignent. Gadzhimurad Efendiev, qui a aidé des enfants orphelins lorsqu’il travaillait à Makhatchkala, s’est probablement inspiré de son expérience pour livrer en images les confins occidentaux de la Russie, rarement montrés au cinéma : la guerre civile et les attentats terroristes en Ciscaucasie, le mélange des cultures, la pauvreté d’habitants oubliés aux pieds des montagnes du Caucase.

UN ARBRE SANS RACINES (A Tree Without Roots / Дерево без корней, 2016) raconte l’histoire d’un homme solitaire qui garde avec lui une petite fille, pour la protéger d’un contexte familial difficile et traumatisant. Constant dans ses choix de cinéaste, le réalisateur ne s’intéresse pas aux motivations de ses personnages, mais davantage à leurs sentiments face à une situation dramatique, malheureusement assez banale dans ce cadre ; le comment l’emporte toujours sur le pourquoi. La caméra d’Efendiev se déplace doucement, dans de lents et beaux travellings, pour ne jamais brusquer la réalité – en cela, le court métrage garde un aspect documentaire. Le contexte est effleuré de loin, avec l’écho perdu des mitraillettes : les attentats terroristes au Daghestan, la proximité avec la Tchétchénie voisine. On s’imagine que l’arbre sans racine est l’homme que l’on suit depuis le début ; on peut raisonnablement penser qu’il s’agit en réalité de la petite fille, orpheline à la fin de la journée ; à moins qu’il ne s’agisse de tout le Caucase du Nord, région frontière aux perspectives d’avenir incertaines. Les répliques finales scellent cet avenir pessimiste : « Après … je ne sais pas ».

Efendiev a gardé l’histoire à laquelle il tenait le plus pour son film de fin d’études, THE HAMSA (Хамса, 2017), qui signifie « cinq » en arabe – pour les 5 personnages principaux du film – mais aussi en référence au symbole du « Khamsa » ou « Main de Fatma », amulette utilisée dans certains pays musulmans pour se protéger du mauvais sort. En prenant pour cadre une petite ville ravagée par une avalanche, aux confins de la République de Kabardino-Balkarie, le réalisateur continue d’explorer le quotidien des laissés-pour-compte de la Russie méridionale, ajoutant au passage une dimension religieuse : du début à la fin, par petites touches, au gré d’une référence à Allah ou de l’appel à la prière d’un muezzin, on comprend que la culture musulmane remplace peu à peu la culture russe, présente depuis environ deux siècles dans cette région proche du Moyen-Orient. Dans cette histoire d’une quinzaine de minutes, un homme récemment sorti de prison revient retrouver sa mère et son épouse. Le crime et ses raisons ne sont pas évoquées (on suppose un assassinat). Ce qui importe au cinéaste, encore et toujours, ce sont les sentiments que ce retour suscite chez son épouse (qui ne veut plus de cette relation) et sa mère (qui pense que le temps pardonne tout). La repentance du jeune homme est symbolisée par une magnifique scène de lavement des pieds, anachronique, œcuménique – magnifique écho à son premier court métrage documentaire sur les femmes isolées dans les villages. Dans THE HAMSA, elles ont le pouvoir ; l’homme baisse la tête tout au long du film.

Cette mystique emplie toute la fin du film et pourra peut-être sauver l’âme du pécheur, bien que les portes du cimetière se referment sur lui, comme une nouvelle prison psychologique. Elle inscrit également le cinéma de Gadzhimurad Efendiev dans une autre dimension, proche des premiers films d’Andreï Zviaguintsev notamment.

Après un long séjour d’études en Italie, le jeune réalisateur entend revenir en Ciscausie, continuer à faire des films de fictions ou documentaires. Avec son œil qui ne juge pas, sa propension à sonder, à ressentir l’âme d’une région oubliée qu’il connaît bien, Gadzhimurad Efendiev est probablement un grand cinéaste en devenir, une réjouissante perspective d’avenir venue du Caucase et des vallées du mont Elbrouz.

Funérailles d’État (2019)

Petite incartade dans le cinéma ukrainien pour découvrir le formidable documentaire de Sergueï Loznitsa sur les funérailles nationales de Staline, en mars 1953. Projeté à Paris au début de l’année 2020 lors d’une rétrospective consacrée au réalisateur, il est aujourd’hui disponible sur le site d’Arte (en russe, sous titres français).

Le réalisateur ukrainien s’empare d’un sujet dont on croyait tout connaître et pose ainsi la dernière pierre d’un immense édifice qui n’en finit pas de passionner : le départ du « Père des peuples » vers l’immortalité. D’abord filmé par les artistes chéris de la propagande soviétique (LE GRAND ADIEU, Великое прощание, 1953 ; documentaire supervisé et monté par Mikhaïl Tchiaoureli, mais qui n’a jamais été exploité en salles), l’événement est ensuite passé sous silence pour les scènes de panique et les centaines de morts qu’elles provoquèrent. C’est ce cadre dramatique qu’évoque le film LES FUNÉRAILLES DE STALINE (Похороны Сталина, 1990), réalisé par le poète Evgueni Evtouchenko au moment de l’implosion de l’URSS. Sujet sacré de propagande, puis contesté, enfin ridiculisé : c’est le temps de la comédie burlesque décomplexée, l’excellent LA MORT DE STALINE (Armando Iannucci, 2017), adapté de la formidable bande-dessinée française éponyme (Robin & Nury, Dargaud, 2010-2012). Du reste, ce dernier film a été censuré en Russie, pour ne pas imposer aux spectateurs les « mensonges » et les « fausses idées » du scénario. Le fils de Nikita Khrouchtchev est même intervenu personnellement dans le débat. Sujet sensible !

Sergueï Loznitsa apporte une autre vision de l’événement, quasi définitive : la contemplation. FUNÉRAILLES D’ÉTAT (State Funeral / Государственные похороны) est un long documentaire composé uniquement d’images d’archives, sans aucune voix-off, sans commentaires, sans dialogues. Seuls les discours d’époque sont audibles, agrémentés de rares musiques et de bruissements de foule. 36 heures de rushes ont été montées et magnifiquement restaurées en un peu plus de 2 heures de film.

De Minsk à Vladivostok, tous les peuples réunis sous l’autorité du camarade Staline observent un deuil collectif silencieux, du 5 au 9 mars 1956. Le documentaire s’étire en longueur, comme une interminable messe ; une litanie socialiste qui piétine littéralement le spectateur occidental toujours pressé du XXIe siècle et son esprit iconoclaste. Le malaise s’accroît au regard des longs défilés devant le catafalque du chef ou ses gigantesques statues, à l’écoute des discours retransmis en intégralité. On s’agace aussi de l’absence d’informations : outre les personnages célèbres (Khrouchtchev, Beria, Malenkov), il faut une culture universitaire pour repérer parmi les milliers de figurants les grands dignitaires du régime, les délégués des républiques populaires ou les militaires de premier plan. Rien n’est jamais indiqué, pas même le nom des enfants de Staline, que l’on filme immobiles, plongés dans l’affliction.

FUNÉRAILLES D’ÉTAT fait penser à ces grands tableaux d’Alexandre Guerassimov que l’on peut admirer à la Nouvelle Galerie Tretiakov à Moscou (certains tableaux ont été exposés à Paris lors de la magnifique exposition Rouge, art et utopie au pays des soviets, en 2019), monuments de gloire, jusque dans la mort, manichéens par essence : Staline est toujours un héros sensible ou un monstre froid cynique, tout dépend du point de vue.

Cette dichotomie éclabousse un peu le film. En Russie, le documentaire dérange par l’absence de toute glose historique ou politique. Les nostalgiques de l’époque stalinienne restent nombreux – en témoignent sa tombe toujours fleurie et les nombreuses manifestations avec portraits canoniques, drapeaux rouges – et peuvent sans mal s’approprier ce documentaire comme une nouvelle apothéose du dirigeant. On ne pourrait pas soupçonner le réalisateur ukrainien d’une telle ambition ; Sergueï Loznitsa préfère, quant à lui, miser sur l’intelligence du spectateur et montrer sans fards le culte de la personnalité d’une époque révolue. Culte qui, en l’occurrence, se passe de commentaires, même si un carton final évoque les morts, la terreur, les déportations. De fait, FUNÉRAILLES D’ÉTAT est tout à la fois un missel, une liturgie et une église, passionnante évocation du caractère christique de Staline et du communisme comme religion laïque. Il n’est pas question de juger les femmes éplorées ou les ouvriers en larmes. Pour ce qui est du message – réalisme socialiste ou critique – chacun est libre de choisir. Comme pour n’importe quelle religion, on est croyant ou pas.