Gagarine, premier dans l’espace (2013)

Sorti en 2014 chez First International Production sous le titre GAGARINE : FIRST IN SPACE (savant mélange de français – pour l’orthographe de Gagarine – et d’anglais, pour offrir à l’acheteur un titre aux accents hollywoodiens), ce premier biopic consacré au cosmonaute soviétique le plus célèbre des années 1960 est une plate mais ambitieuse production russe, censée s’exporter au-delà des frontières nationales et rivaliser avec les « meilleurs » blockbusters américains qui inondent les salles de cinéma occidentales depuis des années. C’est en tout cas l’objectif avoué d’Oleg Kapanets, le fondateur de la société Kremlin Films, qui s’est fendu d’un budget colossal pour assurer à Youri Gagarine une gloire cinématographique qui lui faisait cruellement défaut.

Le film a été un échec en Russie pour différentes raisons : Gagarine est un héros soviétique oublié de la jeune génération (principal public visé par ce film) et les distributeurs, peut-être conscients des fragilités idéologiques et esthétiques de cet opus, ont refusé de lui accorder une large diffusion dans les cinémas du pays. GAGARINE, FIRST IN SPACE a été distribué dans quelques pays européens, mais pas en France, où il est sorti directement (et modestement) en DVD.

Si le projet originel est louable (la vie de Gagarine avait déjà été portée deux fois à l’écran, mais pas sous cette forme), le résultat est terne, souvent ennuyeux et dégouline de bons sentiments patriotiques franchement désuets. La mise en scène, impersonnelle, a été confiée à un tâcheron débutant, Pavel Parkhomenko, qui a fait toute sa carrière comme chef décorateur. Restent quelques acteurs à sauver : le jeune Yaroslav Jalnine, qui ressemble beaucoup physiquement au cosmonaute, et surtout Mikhail Filippov dans le rôle de l’ingénieur Korolev, véritable cerveau de la course aux étoiles soviétique – personnage qui aurait mérité d’être creusé davantage, tant il semble complexe et torturé. Les amateurs d’effets spéciaux interstellaires resteront aussi sur leur faim : s’ils ne sont pas ridicules, ils font parfois un peu cheap.

Plus tristement, ce projet met en exergue, à nouveau, une réalité cinématographique qui n’est pas propre à la Russie : la volonté de faire comme les américains, quitte à se vautrer dans leur conformisme, sans aucune prise de risque. En la matière, les dirigeants d’Hollywood sont les rois incontestés … pour les russes, cette course-là, aussi, était perdue d’avance …

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