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L’un des rares films russes à bénéficier d’une sortie française en VOD (et d’un doublage) en 2019 est Milliard ou Braquage à Monte-Carlo (Миллиард). On ne va pas crier trop fort au nanar pour ne pas effrayer les distributeurs français d’investir en Russie mais … ce n’est pas l’envie qui manque !
Critique & analyse

Du reste, ça serait un peu injuste. Si le film ne présente pas beaucoup de qualités cinématographiques, il se laisse regarder sans déplaisir, comme beaucoup de grosses productions du genre. Dans la veine des films de braquages qui envahissent les écrans depuis de nombreuses années, avec plus ou moins de réussite, Braquage à Monte-Carlo ne se démarque pas des clichés, invraisemblances d’un scénario bancal, parfois surréaliste, ou d’un montage épileptique, à grands renforts de ralentis ringards, de jolis minois de blondinettes et d’effets spéciaux numériques. On n’échappe pas non plus aux désormais traditionnels survols urbains en drones ; au moins, ici, ils permettent d’admirer les beautés touristiques de Moscou, de jour et de nuit ; ça change des Etats-Unis. La deuxième partie du film nous est plus familière puisqu’elle a été tournée en France, entre Marseille, Nice et les paysages de la Côte d’Azur. En prime, une petite apparition franchouillarde au casting ? Niet ! Aucun nom frantsuzski à l’horizon, à l’exception de deux techniciens. Il faudra se contenter de quelques dialogues en français, des policiers du Raid et d’un gag sur le mot « sanitaire ».

Le film raconte l’histoire d’un milliardaire russe obligé de composer avec ses enfants illégitimes pour récupérer son magot, caché dans une banque de la Côte d’Azur. On n’y croit pas une seconde et ce braquage deviendrait franchement pénible s’il n’était pas assumé autrement qu’en comédie d’action, avec la charge d’extravagances que le genre impose (ou autorise). Les personnages, caricaturaux au possible, à peine travaillés, déclenchent ici et là quelques sourires.

La plupart des acteurs ne sortent pas du lot, à l’exception des deux têtes d’affiche, dont les personnages sont (très légèrement) plus fouillés. Alexandra Bortitch, déjà croisée chez les féministes Anna Melikian et Niguina Saïfoullaeva, compose sans originalité une jeune secrétaire plus maline qu’en apparence – l’atout charme du film, avec sa nouvelle patronne, incarnée par la belle Marina Petrenko.

Le plus curieux dans toute cette histoire reste Vladimir Machkov, dans un rôle de milliardaire hautain et sans scrupules, qui n’est pas sans rappeler son rôle d’oligarque, beaucoup plus sérieux, dans Un nouveau Russe (Олигарх, 2002) de Pavel Lounguine. De quoi, peut-être, expliquer le clin d’œil de la scène du braquage avec des masques aux effigies des hommes d’affaires russes des années 1990.

Comment voir ce film ?

Le film est disponible en VOD sur MyCanal, en version française ou version originale sous-titrée.


Julien Morvan

Professeur d'histoire-géographie en Île-de-France, cinéphage et russophile, j'ai créé Perestroikino en avril 2020 pour partager mon exploration du cinéma russe & soviétique avec le public francophone.

3 commentaires

esquissesderussie · 11 mai 2020 à 14h46

Pour qu’un film soit un nanar, il faudrait qu’il soit incompétent au point d’être involontairement drôle. Là, on est quand même plus proches du navet…

C’est hélas caractéristique des grosses productions russes des années ’10, cette volonté de singer les blockbusters occidentaux au mieux, de manière un peu maladroite, au pire de manière complètement pitoyable. Le seul point positif, c’est que derrière il y a les chroniques de BadComedian :o]

    julienmorvan · 11 mai 2020 à 16h03

    Malheureusement, les vidéos de BadComedian sont en version russe, non sous-titrée ! 🙁

      esquissesderussie · 11 mai 2020 à 16h39

      Certaines vidéos ont des sous-titres en anglais, mais pas toutes, et j’avoue que je ne sais pas ce qu’ils valent. En plus de cela, les effets comiques reposent assez souvent sur des mèmes et références bien russes. Enfin, il est proche des milieux communistes, ça se répercute sur la lecture qu’il fait des films, et ça ne plaît pas à tout le monde. Quand j’ai voulu poster un lien vers sa dernière chronique dans trois groupes FB franco-russes, le premier a laissé passer la publication, le deuxième l’a refusée (celui où j’ai découvert les liens vers votre blog), et le troisième m’a banni aussi sec ^^

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