Le disciple (2016)

À Kaliningrad, un lycéen comme les autres entame soudainement une brutale métamorphose : Bible en main, ses actes, ses pensées et sa vision du monde sont désormais guidés par la seule parole de Dieu, dans son exégèse la plus radicale. Refusant le stupre, l’opulence et le darwinisme, il exhorte ses camarades et ses professeurs à davantage de religiosité. Loin d’être considéré comme un fou, il met à mal la cohésion de l’institution scolaire, provoque le Clergé orthodoxe et commence l’endoctrinement.

LE DISCIPLE (Ученик) est l’adaptation cinématographique de Martyr (Märtyrer, 2012), une pièce contemporaine du dramaturge allemand Marius von Mayenburg, composée comme le scénario d’un film à suspens, avec une succession de 27 courtes scènes organisées autour de l’irrésistible transformation psychologique d’un adolescent décidé à suivre la parole biblique et ses nouveaux « sentiments religieux », en opposition à sa mère, ses amis et ses professeurs. En juin 2014, Kirill Serebrennikov avait déjà monté cette pièce à Moscou, avec sa troupe théâtrale, en modifiant légèrement certains éléments de l’intrigue pour les adapter aux réalités de la société russe ; transformations qui ont été conservées dans le film :

« Par exemple, dans la pièce, c’est un homme qui dirige l’école. En Russie, ce sont généralement des femmes. J’ai aussi inventé plus de professeurs qu’il n’y en avait dans la pièce. Le prêtre catholique est devenu orthodoxe et j’ai renforcé son rôle. […] Et j’ai ajouté la musique. » (Kirill Serebrennikov, 2016)

Pour tourner son film, le cinéaste envisage d’abord Riga, en Lettonie – option vite abandonnée pour des questions de budget – avant de choisir la ville de Kaliningrad, petite enclave russe entre la Lituanie et la Pologne, ancienne ville allemande annexée par l’U.R.S.S. à la fin de la Seconde Guerre mondiale, célèbre (entre autres) pour abriter le tombeau de Kant. Pour Serebrennikov, ce choix a permis de créer une véritable ambiance de travail, presque familiale, à l’image d’une troupe de théâtre, loin de Moscou et de ses distractions. Plusieurs scènes importantes ont aussi été tournées à Baltiïsk, à 40 kilomètres de Kaliningrad, le long d’une étonnante jetée construite sur d’énormes brise-lames en béton.

Tourné sans l’aide financière du Ministère de la Culture de Russie, le film a bénéficié d’un budget limité d’environ un million d’euros, obtenu grâce à l’apport philanthrope de mécènes privés. Pratiquement tous les acteurs présents sur scène ont retrouvé leur rôle sur l’écran, à l’exception du personnage principal, interprété par Piotr Skvortsov, plus crédible en jeune lycéen que Nikita Kukushkin, alors trop âgé pour le rôle.

Le film s’ouvre par un impressionnant plan-séquence de presque six minutes, tourné avec une grande maîtrise dans l’exiguïté de l’appartement familial. Trouvant la parade au théâtre filmé, souvent très rigide, Kirill Serebrennikov laisse sa caméra libre d’errer dans les couloirs et les petites pièces de cette intimité en clair-obscur.

« J’ai la flemme de faire des champs-contrechamps. Je préfère répéter une scène durant trois jours, comme ça, quand on la tourne, en trois, quatre prises, c’est bon … » (Kirill Serebrennikov, 2016)

Cette liberté de mouvement s’impose aussi probablement en raison d’un budget limité et de réflexes de metteur en scène de théâtre ou de la réalisation de documentaires ; elle lui permet d’éviter les artifices du cinéma, les points de vue factices sur un personnage, au moyen d’un gros plan ou d’un regard trop souligné par une musique insistante. Les acteurs ne s’arrêtent jamais devant l’objectif, c’est la caméra qui les suit, qui les montre tels qu’ils sont, sans jugement, comme s’ils évoluaient sur une scène à taille urbaine.

Pour autant, Kirill Serebrennikov raconte son histoire en cinéaste, soucieux de construire son film par l’image, pour une diffusion sur grand écran. Plusieurs séquences sont formidablement cadrées ou éclairées : les moments de réunion avec la directrice de l’école, notamment ; les scènes sur la jetée et ses énormes brise-lames grisâtres, hideux bains de soleil improvisés ; ou encore cette déambulation crépusculaire du lycéen en forme de chemin de croix – de l’arrière-cour à la salle de classe, les lumières et les mouvements de caméra sont superbes.

Au-delà de la mise en scène soignée, ce sont les questionnements profonds du DISCIPLE qui interpellent le spectateur, d’abord obsédé par cette religiosité débordante, comme si les écritures de la Bible suintaient de toutes les pores de l’image : de la bouche du lycéen fanatique, qui ne parle plus qu’en citations, jusqu’aux murs de l’école, où s’affichent, quelques secondes durant, les références précises de ces paraboles et aphorismes sacrés. Montrer la source était une volonté du réalisateur : « Il faut que le public sache que ce sont des phrases authentiques. Elles ne sortent pas de mon imagination ». De fait, il y en a pratiquement une à chaque minute du film, métaphore esthétique de la forte présence de la religion sur les écrans russes, d’après le réalisateur.

« Comme aux États-Unis, les prédicateurs ont envahi les chaînes de la télévision russe. La religion est devenue la seconde idéologie officielle. Elle contrôle les cerveaux de tous. C’est une force trouble, dogmatique, qui répand l’obscurantisme. […] [L’Église] décrète ce qui est bon et ce qui est mauvais. » (Kirill Serebrennikov, 2016)

Dans une scène passionnante, très bien écrite, le lycéen se retrouve confronté à un prêtre orthodoxe, au milieu d’un gymnase vide où un cheval d’arçons fait office d’autel improvisé. Le père débonnaire cherche à convaincre le jeune homme de rejoindre les « rangs » de l’Église, afin que son énergie religieuse soit mise au service de la communauté. Le lycéen, sans ménagement, pousse le prêtre dans ses contradictions, lui reproche la fortune du Clergé, sa proximité avec le pouvoir. Chacun pourra y voir une dénonciation du retour et du renouveau de l’influence considérable de l’Église orthodoxe en Russie, où sa parole est souvent très liée à celle du Kremlin : à titre d’exemples, le Patriarche Cyrille avait comparé le pouvoir de Vladimir Poutine à un « miracle » divin, en 2012 ; une loi interdit et sanctionne le blasphème depuis 2013, etc.

Mais au-delà de l’engagement politique du réalisateur, cette séquence permet aussi (peut-être involontairement) de questionner le rapport des croyants et non-croyants à la foi chrétienne, notamment en Europe occidentale. Depuis plusieurs décennies, l’Église catholique est confrontée à une hémorragie de la foi, les églises se vident et les critiques sont de plus en plus nombreuses sur la persistance du religieux au sein des sociétés laïques. D’aucuns pensent que le recours pourrait être le retour à une foi primitive, celles des premiers chrétiens, débarrassée des rites et règles édictés bien après la mort du Christ par une institution déjà très liée aux pouvoirs temporels. Cette opposition entre le kérygme (l’essence de la foi) et la catéchèse (la construction artificielle de la foi) peut-être incarnée par ce dialogue entre un prêtre et un lycéen.

La critique des richesses et privilèges de l’Église rappelle aussi, d’une tout autre façon, la merveilleuse fin du film de Michael Anderson, LES SOULIERS DE SAINT-PIERRE (1968), dans laquelle un pape d’origine soviétique (Anthony Quinn) décide finalement de sacrifier toutes les richesses du Vatican pour aider et nourrir les plus pauvres.

La force du film de Kirill Serebrennikov est de ne pas limiter son propos à la simple dénonciation de l’influence de l’Église orthodoxe en Russie. LE DISCIPLE est avant tout l’histoire d’une contagion. De l’appartement familial à la salle de classe, toutes les personnes apostrophées par le lycéen fanatique semblent d’abord en proie au doute. Cela commence par une séquence marquante : une professeur de biologie propose à ses élèves de mettre un préservatif sur une carotte ; Veniamin se lève alors et se met nu devant la classe. Quand la directrice arrive, c’est la professeur (magnifique Victoria Issakova) qui est accusée de mal faire son travail. Plus tard, dans une autre scène célèbre, le lycéen se déguise en singe pour critiquer le darwinisme. Là encore, la directrice ne le blâme pas. Réunion après réunion, l’influence du jeune garçon contamine les adultes, le corps enseignant, le Clergé, certains de ses camarades. L’endoctrinement est simple, lapidaire. Le réalisateur fait de cette petite communauté de Kaliningrad une incarnation des Russes, selon lui incapables de « réfléchir par eux-mêmes » et désireux d’avoir « un leader à suivre ».

Seule contre la foule, l’enseignante résiste : elle cherche à combattre le lycéen avec ses propres armes (les citations de la Bible), en vain. Résignée, renvoyée par l’institution scolaire, elle cloue ses chaussures dans une salle de classe, pour n’en plus bouger. La référence à Piotr Pavlenski est à peine masquée : l’artiste s’était cloué les testicules sur la Place rouge de Moscou en 2013 pour dénoncer « l’indifférence politique et le fatalisme de la société russe contemporaine ». De fait, la pauvre enseignante est seule dans sa salle, gesticulant dans le vent après un combat perdu. Toutefois, son visage perlé de larmes est plus poétique, plus cinématographique, que celui de Pavlenski.

Avec LE DISCIPLE, Kirill Serebrennikov cherche à montrer les tares de la société russe contemporaine : retour à un ordre traditionnel marqué par la religion orthodoxe, pensée unique, institution scolaire corrompue par l’idéologie politique (le portrait de Vladimir Poutine est accroché dans la salle de réunion), relents d’antisémitisme, marginalisation de l’homosexualité, la perte de repères de la jeunesse. Universel, le film est aussi un avertissement brutal contre toutes les formes de fanatismes et la peur qu’ils engendrent. D’ailleurs, le personnage principal du DISCIPLE n’est pas réellement le lycéen rédempteur, mais bien la foule qui gravite autour de lui, particulièrement ce jeune garçon sous influence (Alexandre Gortchiline), hypnotisé et amoureux, prêt à tuer pour satisfaire son nouveau maître ; il est, à la fois, le disciple et le martyr.

« Pour moi, le cinéma est un miroir. Je réfute l’idée que le cinéma soit comme une affirmation, quelque chose de messianique. Je ne crois pas que l’artiste ait une mission disant : « Moi je pense ceci et mon film va vous forcer à penser ainsi ». […] J’ai envie que l’amalgame que je créer renvoie le spectateur à lui-même. » (Kirill Serebrennikov, 2016)

Si le réalisateur se dégage de toute volonté de « prosélytisme athée », le film ne laisse peut-être pas assez la place au doute. Sûr de lui, affirmatif face à la presse et dans ses interviews, Kirill Serebrennikov est un cinéaste engagé, quoiqu’il en dise, et son très beau film une œuvre politique. La plupart des personnages ont une vision très arrêtée des faits, à commencer par la directrice du lycée – figure astucieusement nuancée, toutefois, par une jolie scène de chanson. La religion est réduite à quelques simagrées avec les mains et des morceaux de textes non contextualités – on peut se demander qui cherche à manipuler qui.

Si, d’après le réalisateur, « l’art consister à poser des questions », son tout dernier plan sur la jetée constitue une brutale réponse, unilatérale, aux multiples réflexions nées du film ; c’est (presque) regrettable.

Contre toute attente, LE DISCIPLE n’existe pas en DVD en France. Pour le visionner, en version originale sous-titrée, il faut se contenter de la VOD ; plusieurs sites le proposent à la vente ou en location : Orange, CanalPlay, UniversCiné, etc.

Sources

To the Lake (2019)

Epidémie (Эпидемия) est le titre original de la nouvelle série russe diffusée sur Netflix, depuis octobre 2020. Est-ce pour ne pas faire fuir le public – résigné, par avance, à la prochaine avalanche de programmes racoleurs autour du thème de la maladie meurtrière – que le géant américain s’est fendu d’un titre plus énigmatique ? TO THE LAKE a les reflets immaculés du voyage mystique vers la nature sauvage et régénératrice mais ne parvient pas, en son for intérieur, à renouveler un genre trop souvent rebattu au cinéma et à la télévision. Entre apocalypse urbaine, zombis aux yeux injectés de sang et vastes forêts enneigées, la série ne s’abandonne jamais aux audaces nécessaires pour magnifier son suspense et ainsi conter une fable contemporaine sur la folie des hommes ou leur extermination programmée.

Pourtant, il faut reconnaître que les huit épisodes s’enchaînent avec une certaine harmonie, qui doit davantage aux caractères des personnages principaux et aux nombreux rebondissements, qu’à une mise en scène pompière, prête à tous les excès de caméra (surtout les plus mauvais) pour déstabiliser le spectateur, captif volontaire d’une atmosphère toujours plus mystérieuse et oppressante. D’un point de vue formel (cadrages et hideuses couleurs de néons verts, pour les intérieurs), la nausée n’est jamais loin – et elle est signe de contagion, dans cette Russie en proie à la maladie !

Un médecin annonce sur une grande chaîne d’information en continu qu’un virus se répand dans Moscou, à une vitesse alarmante : les malades toussent, crachent du sang, leurs yeux blanchisent et la mort survient dans les trois jours qui suivent. La capitale est isolée du monde. En quelques heures, la panique s’empare d’une population de 30 millions d’habitants : des bandes organisées attaquent les convois de marchandises et l’anarchie dépasse le périmètre de sécurité. Tout le monde cherche à fuir, vers un ailleurs chimérique : les pauvres sont condamnés à l’errance, les privilégiés utilisent leurs ressources pour organiser l’exode vers les contrées inhabitées du pays. C’est dans l’une de ces banlieues riches que deux familles décident d’unir leurs destins : Sergueï (Kirill Käro), sa nouvelle femme (Victoria Issakova) et son beau-fils (Eldar Kalimouline), son ex-femme (Mariana Spivak) et son jeune fils, vont devoir faire équipe avec un voisin vulgaire, archétype du nouveau riche russe (Alexandre Robak), sa fille déséquilibrée (Victoria Agalakova) et sa jeune épouse enceinte (Natalia Zemtsova). Autant de personnalités propres à mettre en péril l’expédition pour la moindre contrariété, un aspect puéril qui gâche parfois un scénario déjà très lourdement chargé d’invraisemblances.

Pour captiver le spectateur, gentiment mussé dans son canapé ou sous l’épaisse couette en duvet de canard qui réchauffe son lit, le scénario redouble d’inventivité et de péripéties pour ne jamais lui offrir le loisir de s’endormir avant le twist final. Les amateurs carnassiers de séries en seront pour leur frais ! Voici, dans le désordre et sans contexte (afin de préserver la surprise), quelques joyeux éléments sélectionnés pour faire de TO THE LAKE la compagne effrayante des insomniaques : cannibalisme, zombis aveugles cracheurs de sang, crash aérien, mysticisme sylvestre, courses-poursuites sur la neige, séquestrations dans une cave, géant muet sur son tractopelle, scènes de sexe dans une voiture, un bus ou une cabane abandonnée, trahisons, exécutions sommaires, résistance dans le maquis, enfant perdu dans la forêt, opérations médicales sans matériel, agonies délirantes, villages abandonnés …

La recette vous séduit ? Passez dans un mixeur industriel des fragments narratifs de APOCALYPSE NOW (Coppola, 1979), L’appel de la forêt (London, 1906) et MASSACRE À LA TRONCONNEUSE (Hooper, 1974), saupoudrez de lieux communs sur les mystères de la forêt enneigée, le sang qui reste rouge pendant des heures, puis ajoutez quelques images allégoriques du déluge biblique et des liquidateurs de Tchernobyl … et voici votre plat de résistance – dans tous les sens du terme ! Servez l’ensemble sur un plat à remous, avec une caméra subjective qui tourne sur elle-même, pour donner l’illusion d’une mise en scène originale et inventive.

J’avais déjà évoqué dans un article précédent une formule lapidaire d’un journaliste de cinéma russe, rappelant que l’Occident ne veut généralement voir de la Russie que l’image d’un pays gris et triste. Dans ce cas, la série devrait faire un malheur sur la plateforme Netflix ! On ajoutera au froid et à la grisaille des figures encore plus primitives, tels ce prêtre-mécanicien vivant dans les bois, cette femme isolée du monde prête à séquestrer une famille dans une cave sans lumière et violer un homme attaché au lit, ou cet alcoolique notoire tirant accidentellement dans la jambe de son petit garçon.

Après tous ces poncifs, accumulés comme les couches écœurantes d’un mauvais mille-feuille, peut-on encore sauver quelque chose de l’apocalypse ? La réponse, apaisante, est oui ! Au-delà de l’abracadabrantesque, la série assure le spectacle – et c’est peut-être tout ce qu’on lui demande. Les scènes d’action ou de suspense sont très efficaces, aussi convaincantes que quelques très jolies séquences au cœur de l’hiver russe : un plan-séquence nous fait pénétrer et sortir d’un hôpital abandonné ; une petite bulle d’air, plus loin, révèle toute la magie d’un mariage orthodoxe improvisé.

Les acteurs se dévouent pour leurs personnages caricaturaux : les fidèles de Netflix retrouveront Kirill Käro et le jeune Eldar Kalimouline, déjà au casting de BETTER THAN US (2018) ; les cinéphiles prendront un franc plaisir devant les numéros (parfois excessifs) de deux grandes actrices : Mariana Spivak (vue chez Zviaguintsev et dans LE BUREAU DES LÉGENDES) et Victoria Issakova. Alexandre Yatsenko (le médecin miraculé) et Iouri Kouznetsov (le père) complètent le casting.

Pour davantage de réalisme, l’équipe de tournage s’est déplacée dans l’oblast d’Arkhangelsk, dont le climat subarctique et les gigantesques paysages sauvages coïncident idéalement avec le scénario. Il faut croire que le rude hiver de cette partie nord de la Russie (plus grande que la France en superficie) a été inspirant pour le réalisateur et ses techniciens. Les forêts enneigées, les longues routes sinueuses et le lac gelé, point d’orgue de l’aventure, ressortent des images comme autant de personnages à part entière, angoisses géographiques, naturelles, parfois plus fortes que les dangers humains et technologiques.

La série, produite par Gazprom-Media (puissante filiale de la non moins puissante société d’extraction de gaz) et diffusée sur la plateforme Premier, a été marquée par une censure gouvernementale en Russie. Le Ministère de la Culture s’est inquiété de l’image renvoyée par les groupes de soldats exterminant systématiquement des populations innocentes, contaminées ou non. Associés aux forces spéciales de l’OMON (un détachement de la police russe chargé de maintenir l’ordre dans des situations qui nécessitent des renforts supplémentaires), avec des combinaisons semblables aux liquidateurs de Tchernobyl, ces soldats sont très présents dans les quatre premiers épisodes. Dans le cinquième épisode, une voix-off (ajoutée par la suite) informe le spectateur que ces groupes sont illégaux et ne représentent pas le gouvernement. Ainsi, la résistance armée des personnages de la série contre ces hordes barbares fait désormais office de lutte contre un ennemi de l’intérieur – et le message, s’il y en avait un, s’en trouve largement transformé. Par bonheur, la fin de série est marquée par une mystérieuse présence chinoise, pratique, annonçant la saison 2.