Bon anniversaire à … Anatoli Papanov (1922-1987)

Avec son physique bonhomme à la Peter Ustinov, ses grands yeux bleus malicieux et sa gouaille inimitable (accentuée par un léger chuintement), Anatoli Papanov reste l’un des acteurs les plus populaires du cinéma soviétique, aussi à l’aise dans la comédie que dans des compositions plus dramatiques.

Formé au Théâtre d’art de Moscou puis au Théâtre de la Satire, Papanov fit ses vrais débuts au cinéma relativement tard, au début des années 1960. Si le succès des VIVANTS ET DES MORTS (Живые и мёртвые, 1964) d’Alexandre Stolper lui apporta la renommée et une reconnaissance d’État, ce sont surtout ses participations inoubliables dans plusieurs comédies « cultes » qui firent de lui un visage familier du grand public. Il reste, notamment, le beau-père d’Andreï Mironov dans ATTENTION, AUTOMOBILE (Riazanov, 1966) et son comparse balourd dans LE BRAS DE DIAMANT (Gaïdaï, 1968), un joueur d’échecs dans LES GENTILSHOMMES DE LA CHANCE (Sery, 1971) ou encore une incarnation célèbre d’Ostap Bender, le sympathique escroc de la série télévisée LES DOUZE CHAISES (12 стульев, 1976).

Durablement marqué par la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle il fut blessé à la jambe, Anatoli Papanov interpréta nombre de rôles dramatiques marquants, tout au long de sa carrière : doublé pour sa composition de sculpteur décadent dans REVENEZ DEMAIN … (Tachkov, 1963), il est l’un des quatre vétérans de LA GARE DE BIÉLORRUSIE (Белорусский вокзал, 1964) d’Andreï Smirnov, le docteur d’UN HOMME BON ET MAUVAIS (Kheifits, 1973), adapté de Tchekhov, et l’un des prisonniers libérés du goulag dans COLD SUMMER OF 53 (Prochkine, 1988), son dernier rôle à l’écran.

Figure mémorable d’une soixantaine de films, au cinéma et à la télévision, Anatoli Papanov est mort des suites d’une crise cardiaque, provoquée semble-t-il par une douche à l’eau froide, au retour d’une journée de tournage.

Né le 31 octobre 1922 à Viazma, il aurait fêté aujourd’hui ses 98 ans !

Décès d’Irina Skobtseva

1927-2020

Actrice et professeur de théâtre au VGIK, elle était l’épouse du réalisateur Sergueï Bondartchouk (1920-1994) et la mère de Fiodor (1967) et Elena Bondartchouk (1962-2009).

Fort d’une carrière de près de 80 rôles au cinéma et à la télévision, souvent créditée en second rôle dans les films de son mari, elle apparaît notamment dans GUERRE ET PAIX (Война и мир, 1966-67), WATERLOO (Ватерлоо, 1970) ou BORIS GODOUNOV (Борис Годунов, 1986). Elle est aussi la mère de Vera Alentova dans LA JALOUSIE DES DIEUX (Зависть богов, 2000) de Vladimir Menchov et Desdémone dans l’OTHELLO (Отелло) de Sergueï Ioutkevitch, son premier rôle à l’écran en 1955.

Elle s’est éteinte à 93 ans, vingt-six ans, jour pour jour, après son mari.

Bon anniversaire à … Nikolaï Bourliaïev (1946)

Le 1er septembre 1962, lors de la Mostra de Venise, le monde entier découvrait le visage d’un jeune garçon orphelin perdu dans les brumes de la Seconde Guerre Mondiale, éclaireur courageux de l’Armée rouge. Dans son premier long métrage, Andreï Tarkovski décrit L’ENFANCE D’IVAN (Иваново детство) à travers les yeux de Nikolaï Bourliaïev, dont c’est assurément le rôle le plus célèbre.

On sait peut-être moins que l’acteur a poursuivi une riche carrière par la suite, alternant les compositions dramatiques auprès de réalisateurs importants. Toujours adolescent, il est l’un des enfants de Leningrad dans ENTRÉE DANS LA VIE (1963, Вступление) d’Igor Talankine puis retrouve Tarkovski pour incarner le fondeur de cloche orphelin, Boriska, dans ANDREÏ ROUBLEV (1969, Андрей Рублёв).

Dans les années 1970, plus présent à la télévision, on le voit encore dans des rôles secondaires au cinéma chez Alexeï Guerman (1971, LA VÉRIFICATION, Проверка на дорогах) ou Nikita Mikhalkov (1980, QUELQUES JOURS DE LA VIE D’OBLOMOV, Несколько дней из жизни И. И. Обломова). La décennie 1980 est plus faste : tête d’affiche de ROMANCE DU FRONT (1983, Военно-полевой роман), le film obtient de nombreuses récompenses et sera même nommé 20 ans plus tard à l’Oscar du meilleur film étranger. Nikolaï Bourliaïev écrit, réalise et interprète ensuite un film sur l’écrivain Mikhaïl Lermontov (1986, LERMONTOV, Лермонтов).

De ses derniers rôles au cinéma, on retiendra surtout deux figures martyres de premier plan : Jésus dans LE MAÎTRE ET MARGUERITE (1994, Мастер и Маргарита) de Iouri Kara, puis le dernier tsar Nicolas II dans L’AMIRAL (2008, Адмиралъ) d’Andreï Kravtchouk.

Né le 3 août 1946 à Moscou, Nikolaï Bourliaïev fête aujourd’hui ses 74 ans !


Mise à jour du 3 août 2020 :

Le souvenir d’Andreï Kontchalovski, publié sur sa page Facebook :

« Kolya et moi nous sommes rencontrés en 1959. Je cherchais un acteur pour le rôle principal de mon court métrage d’étudiant, L’ENFANT ET LE PIGEON (1961, Мальчик и голубь). Dans la rue Gorki, j’ai vu un garçon qui me semblait amusant. Je lui ai dit « Mec, tu voudrais faire du cinéma ? ». Habituellement, on répond toujours positivement à ce genre de question. Kolya ne s’est pas précipité pour répondre : « D’où venez-vous ? » « Je viens du VGIK ! » « Prouvez-le ! ». Je lui ai montré un papier d’étudiant. Alors, seulement, il a accepté de me parler. »

Bon anniversaire à … Alexandre Sokourov (1951)

Il est probablement le réalisateur russe le plus célèbre dans le monde depuis la disparition d’Andreï Tarkovski, l’un de ses maîtres. Explorateur intrépide des tourments de l’âme, de la nature ou des musées, Alexandre Sokourov filme sans interruption depuis la fin des années 1970, alternant longs métrages de fiction et documentaires, avec la même liberté de ton et des recherches esthétiques renouvelées. Malheureusement, si nombre de ses films ont été primés dans les festivals les plus prestigieux, beaucoup restent difficiles à trouver en France.

Depuis quelques années, le réalisateur s’est aussi fait passeur : il a ouvert un atelier d’études cinématographiques à Naltchik (Kabardino-Balkarie), d’où sont sortis de jeunes talents très prometteurs, tels Kantemir Balagov, Vladimir Bitokov, Gadzhimurad Efendiev, etc.

Je n’ai pas encore beaucoup parlé d’Alexandre Sokourov sur ce blog car l’analyse de ses œuvres nécessite souvent une vue d’ensemble (c’est le cas de sa quadrilogie du pouvoir ou de ses films dédiés aux grands musées européens), donc plus de temps d’écriture.

Né le 14 juin 1951 en Sibérie, le cinéaste fête aujourd’hui ses 69 ans !