Le nouveau défi spatial du cinéma russe !

C’est un événement mondial, unique dans l’Histoire du cinéma. À dire vrai, on pourrait presque parler d’une révolution en marche : pour la première fois, une équipe de tournage russe va réaliser un film dans l’espace ! Intitulé provisoirement LE DÉFI ou THE CHALLENGE (Вызов), ce long métrage de Klim Chipenko racontera l’histoire d’une chirurgienne (Ioulia Peressild) chargée d’aller secourir en urgence un cosmonaute en mission dans la Station Spatiale Internationale – lequel sera incarné par un véritable cosmonaute, habitué des voyages dans l’espace, Oleg Novitski.

Ce 5 octobre 2021, après plusieurs mois d’entraînement et de préparation physique, le réalisateur et son actrice, accompagnés du cosmonaute Anton Chkaplerov, commandant de cette nouvelle mission Soyouz MS-19, se sont envolés vers la Station Spatiale Internationale, depuis le cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan. Le lanceur Soyouz s’est élancé dans l’espace à 11h55 (heure de Moscou) avant de réaliser sans encombres un amarrage avec le module Rassvet quelques heures plus tard, aux alentours de 15h12.

L’événement a été largement relayé par les médias du monde entier et toutes les organisations spatiales, à commencer par la NASA, pourtant partenaire d’un projet similaire avec SpaceX qui devait voir s’envoler dans l’espace l’acteur américain Tom Cruise.

LE DÉFI est un projet hors du commun, piloté par Roscosmos (l’agence spatiale russe), la chaîne de télévision Channel One et la société de production cinématographique Yellow, Black and White. Si le budget définitif n’est pas encore connu, il semblerait que le Fond Kino ait accepté de financer le projet à hauteur de 400 millions de roubles (soit environ 4,7 millions d’euros).

Le réalisateur Klim Chipenko et son actrice se sont entraînés pendant de longues semaines pour supporter le vol de quelques heures vers l’ISS et pouvoir se déplacer sans trop de difficulté au milieu des autres cosmonautes. Sur place, ils devraient tourner environ 35 minutes de film, durant une dizaine de jours, certaines scènes impliquant les véritables cosmonautes présents dans la Station. Toutefois, le public français ne devrait pas avoir l’occasion de voir Thomas Pesquet, pourtant nommé commandant de la Station Spatiale le même jour.

La première partie du film sera tournée sur Terre, dans des studios moscovites, dans quelques semaines, avant une sortie (probablement mondiale) fin 2022. Sur ce point, reste à savoir si le scénario et la mise en scène seront à la hauteur de l’événement !

Sources et images

Décès d’Alexandre Melnik

1958-2021

Nous avons appris ce mercredi 8 septembre 2021 la disparition tragique du réalisateur Alexandre Melnik, décédé lors d’une chute dans les environs du plateau de Putorana, dans le nord de la Sibérie, où il réalisait un documentaire aux côtés du ministre des Situations d’urgence, Evgueni Zinichev, lui aussi annoncé mort par le gouvernement. Selon les témoins, les deux hommes auraient chuté d’une falaise. Transportés à l’hôpital par hélicoptère, ils n’ont pas pu être sauvés. Six autres personnes ont été blessées en tentant de leur porter secours.

Ancien militaire et ingénieur hydrologue, Alexandre Melnik avait réalisé deux films avec l’acteur Konstantin Lavronenko : TERRE NEUVE (2008) et LE TERRITOIRE (2015), ode contemplative et patriotique aux beautés sauvages du grand nord sibérien et aux hommes qui écrivirent son histoire.

7ème Festival du cinéma russe de Niort (2021)

Un charmant petit festival russophile, au cœur des Deux-Sèvres et aux portes du Parc naturel du Marais poitevin ! Pour sa 7ème édition, l’association Festival de Cinéma Russe de Niort propose aux cinéphiles et spectateurs curieux de découvrir une dizaine de longs métrages et quelques films d’animation, du 18 au 21 août 2021, sur la thématique « Beaux baisers de Russie ».

Mercredi 18 août 2021 :

  • 14h : Courts métrages d’animation (1969-1972, 45 minutes)
  • 16h : Nid de gentilhommes (1969), d’Andreï Kontchalovski
  • 19h30 : Soirée Sacha Tarantovich

Jeudi 19 août 2021 : Hommage à l’acteur Danila Kozlovski

  • 14h30 : Le légendaire n°17 (2013), de Nikolaï Lebedev
  • 18h45 : L’Espion (2012), d’Alexeï Andrianov
  • 20h30 : Viking, la naissance d’une nation (2016), d’Andreï Kravtchouk

Vendredi 20 août 2021 : Autour de Saint Pétersbourg

  • 14h30 : Pétersbourg, seulement par amour (2016), collectif de réalisatrices
  • 18h : Piter FM (2006), d’Oksana Bichkova
  • 20h : Polina, danser sa vie (2016), de Valérie Müller et Angelin Preljocaj

Samedi 21 août 2021 :

Source :

Décès de Piotr Mamonov

Quelques jours après la mort du réalisateur Vladimir Menchov, c’est une autre figure populaire de l’Union Soviétique et de la Russie contemporaine qui disparaît avec Piotr Mamonov, mort ce jeudi 15 juillet 2021 des suites de la Covid-19, après plusieurs semaines d’hospitalisation.

1951-2021

De sa vie romantique en forme de longue élégie, on retiendra que Piotr Mamonov fut d’abord un poète, un traducteur et un musicien talentueux, qui marqua de son empreinte originale le rock des années 1980. Sur scène, les témoignages racontent un artiste iconoclaste, « mélange de bouffon de rue, de salaud galant et d’ivrogne inconsciemment amer » (Troitsky, 1988).

En 1990, il débuta une nouvelle carrière au cinéma, grâce au réalisateur Pavel Lounguine, qui l’employa pour être la vedette de son premier film, TAXI BLUES (1990), prix de la mise en scène au Festival de Cannes et incarnation durable d’une certaine renaissance du cinéma russe, teintée de tchernoukha. Piotr Mamonov retrouva Lounguine deux autres fois, pour des prestations marquantes : il fut le moine torturé de L’ÎLE (2006) – un rôle très personnel pour celui qui devint progressivement un orthodoxe fervent, très critique sur la nouvelle société russe – puis le nouveau visage d’Ivan le Terrible dans TSAR (2009). De ses autres prestations au cinéma, on retiendra surtout son rôle dans le dramatique LA JAMBE (Tiagounov, 1991), transposition d’une nouvelle de William Faulkner à la guerre d’Afghanistan, et son rôle tragi-comique de père dur au mal dans le SHAPITO SHOW (2011) polyphonique de Sergueï Loban.

À l’annonce de sa mort, de nombreux artistes et anonymes ont témoigné de leur admiration pour cet artiste philosophe « devenu quelque chose d’éternel » (Alexeï Guerman Jr.), de ceux qui « n’ont rien fait pour le plaisir ou le profit mais pour leur conscience » (Zakhar Prilepine).

Décès de Vladimir Menchov

1939-2021

On pourrait croire raisonnablement à l’ironie du sort : alors que le Festival du film russe de Paris s’apprêtait à décerner son palmarès et que MOSCOU NE CROIT PAS AUX LARMES (1980) était rediffusé avec un grand succès au cinéma Le Balzac, nous apprenions la disparition brutale de son réalisateur, l’incontournable Vladimir Menchov, figure populaire du cinéma soviétique, puis russe, depuis une quarantaine d’années.

Diplômé de l’école d’art dramatique du Théâtre d’Art de Moscou, étudiant de Mikhaïl Romm au VGIK, Menchov débuta comme acteur dans les années 1970 avec un certain succès public et critique et ne cessa jamais d’interpréter des rôles variés à l’écran : il apparaît ainsi dans LE MAURE DE PIERRE LE GRAND (Mitta, 1976), RAGTIME RUSSE (1993) et COMPOSITION POUR LE JOUR DE LA VICTOIRE (1998) de Sergueï Oursouliak ou LA VILLE ZÉRO (Chakhnazarov, 1988), dans le rôle de l’officier qui manque de se suicider en public. Plus récemment, il avait interprété des rôles dans des films à grand succès en Russie : NIGHT WATCH (2004) et DAY WATCH (2005) de Timour Bekmanbetov, un petit rôle dans le film de noël LES SAPINS DE NOËL 2 (2011) et un second rôle d’apparatchik dans LE LÉGENDAIRE N°17 (Lebedev, 2013).

En tant que réalisateur, Vladimir Menchov devait sa renommée internationale à MOSCOU NE CROIT PAS AUX LARMES (1980), ce mélodrame féminin devenu l’un des plus grands succès du cinéma soviétique. Sans pouvoir se rendre à Hollywood, il reçut la statuette de l’Oscar du Meilleur film étranger pour ce film toujours culte en Russie, et visionné de génération en génération. Il réalisa encore sept films, dont LA JALOUSIE DES DIEUX (2000).

Très lié à la Mosfilm et au VGIK, Vladimir Menchov était un artiste multirécompensé : artiste émérite de la Fédération de Russie, artiste du peuple, prix d’État de l’URSS, ordre du mérite de la patrie, Aigle d’or du meilleur second rôle (2004), etc.

Il s’est éteint le 5 juillet 2021, des suites de la Covid-19. Il était l’époux de Vera Alentova, l’actrice principale de son plus grand succès en tant que réalisateur.

Cannes 2021 : intime Russie !

Certes, 2020 ne fut pas la plus grande année du cinéma mondial mais on se souvient encore de cette terrible sélection officielle inédite, annoncée comme il se doit par Thierry Frémaux, sans aucun film russe estampillé « Festival de Cannes au temps de la Covid-19 ». Cette année 2021, les journalistes et festivaliers du monde entier retrouveront le soleil de la Croisette et l’obscurité des salles cannoises, avec plusieurs films russes au programme.

Compétition

Sans véritable surprise, puisque son nom circulait depuis plusieurs mois, le seul long métrage russe sélectionné par Thierry Frémaux en compétition pour la Palme d’or est le nouveau film de Kirill Serebrennikov, LA FIÈVRE DE PETROV (PETROV’S FLU / Петровы в гриппе), adapté de l’étonnant roman d’Alexeï Salnikov, Les Petrov, la grippe, etc. (Éditions des Syrtes, 2020), déambulation insolite, polyphonique et onirique de plusieurs membres d’une même famille, dont le destin ordinaire semble toujours confronté à d’improbables assauts fantasmagoriques (parfois alcoolisés). Du reste, le livre m’a semblé difficile à adapter, nous pouvons légitimement avoir hâte de le découvrir sur les écrans français !

Le délégué général du Festival de Cannes a insisté sur l’importance de Cannes pour un cinéaste tel que Kirill Serebrennikov, dont la présence physique en France reste compromise, pour de multiples raisons. Après LE DISCIPLE (2016) et LETO (2018), LA FIÈVRE DE PETROV est le troisième film du réalisateur à être présenté à Cannes.

Un certain regard

C’est par cette catégorie que Thierry Frémaux a ouvert sa sélection officielle, lançant au passage un très prometteur : « La Chine et la Russie, pays inattendus, sont des pays dont on trouvera la trace dans cette sélection et qui se sont montrés d’une grande vitalité. »

Le premier film en compétition pour le prix Un certain regard et la Caméra d’or est le deuxième long métrage de la jeune réalisatrice Kira Kovalenko (ancienne élève d’Alexandre Sokourov), LES POINGS DESSERRÉS (Unclenching the Fists / Разжимая кулаки). Inspirée par L’intrus (Intruder in the Dust, 1948), le roman de William Faulkner, cette histoire dramatique met en scène le destin d’une jeune fille d’Ossétie du Nord prête à braver sa famille pour échapper aux traditions et gagner sa liberté. Produit par Alexandre Rodnianski, le film semble (sur le papier) se parer des mêmes atours scénaristiques que TESNOTA, UNE VIE À L’ÉTROIT (2017), le premier film de Kantemir Balagov, lui aussi présenté à Cannes dans cette catégorie.

Le deuxième film russe de cette sélection, plus inattendu, est À RÉSIDENCE (HOUSE ARREST / Дело), d’Alexeï Guerman Jr., étonnant projet que le cinéaste a tourné en 25 jours dans des décors réduits, à la faveur du confinement, en attendant la reprise du tournage de son prochain film, AIR (Воздух). Le film met en scène un professeur d’université assigné à résidence dans une ville de province après avoir publié un article contre le maire sur Facebook. Entièrement filmé dans une maison et son jardin, le film montre que le combat pour la justice se confond avec l’oppression de l’enfermement et la privation de liberté.

Sur Facebook, le réalisateur s’est félicité de cette nomination, en espérant pouvoir se rendre à Cannes et, ainsi, aller faire rapiécer son vieux smoking, indispensable tenue pour monter les marches du palais des festivals.

Aux frontières de la Russie

Annoncé au dernier moment, le nouveau film documentaire de Sergueï Loznitsa, BABI YAR. CONTEXTE (Бабий яр. Контекст) sera présenté lors des Séances spéciales du festival. Comme pour FUNÉRAILLES D’ÉTAT (2019), le réalisateur ukrainien s’emploie à compiler de véritables images d’archives pendant 120 minutes, pour expliquer le massacre commis en 1941 par les Einsatzgruppen. Le film est produit par Atoms & Void.

En outre, le nouveau film du réalisateur finlandais Juho Kuosmanen, COMPARTIMENT N°6 (HYTTI NRO 6), sera présenté en compétition pour la palme d’or. Tournée en Russie, en grande partie à l’intérieur d’un train, l’intrigue dévoile la rencontre inattendue entre une finlandaise et un mineur russe, interprété par Youri Borisov.

Sources

7ème édition du Festival du film russe de Paris (2021)

Quand les russes nous bouleversent – c’est avec cette accroche que s’ouvrira la prochaine édition du Festival de cinéma russe de Paris et d’Île-de-France, du 28 juin au 6 juillet 2021, événement annuel consacré à faire découvrir toutes les richesses de la production cinématographique russe et soviétique en alternant les grands classiques, les nouveautés, les journées thématiques et des rencontres avec les artistes.

Au programme de cette édition 2021 :

– Un hommage sera rendu à la carrière d’Andreï Kontchalovski, cinéaste emblématique du cinéma russe et soviétique de ces cinquante dernières années, francophile et francophone, dont le parcours éclectique sera raconté en dix films personnels et une masterclass en visioconférence. Ainsi, les cinéphiles pourront (re)découvrir :

  • Le voleur de bicyclette (De Sica, 1948) – Italie
  • Quand passent les cigognes (Kalatozov, 1957)
  • L’enfance d’Ivan (Tarkovski, 1962)
  • J’ai vingt ans (Khoutsiev, 1965)

– Autre rétrospective passionnante, celle consacrée à Alexeï Balabanov, le cinéaste de la tchernoukha, évoqué à travers six films importants, dont certains seront présentés par son épouse, la décoratrice et costumière Nadejda Vassilieva.

  • Le frère (1997)
  • Le frère 2 (2000)
  • La guerre (2002)
  • Cargaison 200 (2007)
  • Morphine (2008)
  • Je veux aussi (2012)

– En complément de cette thématique Noir, c’est noir, il nous sera permis de visionner trois autres œuvres, dont deux films d’Igor Minaiev, que le réalisateur viendra personnellement présenter aux spectateurs parisiens :

  • Rez-de-chaussée (Minaiev, 1990)
  • L’inondation (Minaiev, 1993)
  • Katia Ismaïlova (Todorovski, 1994)

– Toujours dans les rétrospectives, le Festival offre une carte blanche à Macha Méril pour composer une journée dédiée à l’émigration russe vers la France, à travers le cinéma. Trois films seront ainsi présentés par l’actrice, accompagnée pour l’occasion par le journaliste Franck Ferrand :

  • Le brasier ardent (Mosjoukine, 1923) – France
  • Les bas-fonds (Renoir, 1936) – France
  • Esclave de l’amour (Mikhalkov, 1976)

– Une autre carte blanche est offerte traditionnellement à la Mosfilm, dont deux œuvres seront projetées aux spectateurs français :

– Moins connu en France, l’acteur Vladimir Vyssotski sera à l’honneur avec la projection de trois de ses longs métrages :

  • Brèves rencontres (Mouratova, 1967)
  • Deux copains de régiment (Karelov, 1968)
  • Le Maure de Pierre le Grand (Mitta, 1976)

– Enfin, plusieurs cycles permettront aux cinéphiles français de continuer l’exploration vorace des trésors du cinéma russe, notamment des séances pour le jeune public, au cours desquelles seront présentés une quinzaine de films d’animation contemporains, puis une séance spéciale avec la projection du Territoire (Melnik, 2015).

Le Festival propose aussi une compétition permettant de découvrir, en avant-première, des films primés en Russie. Présidé par Marina Vlady, le jury devra cette année faire un choix entre cinq longs métrages :

Cette riche semaine se clôturera par la projection de Texto (Chipenko, 2019), en présence du scénariste et auteur du livre original, le romancier Dmitri Gloukhovski – lequel fera également une séance de signatures à la Librairie du Globe le samedi 3 juillet, à partir de 14h.

Toutes les informations précises sur les horaires et tarifs sont à retrouver sur le site officiel de l’événement ou sur les sites des cinémas partenaires.


Mise à jour du 7 juillet 2021 :

Le jury, présidé par Marine Vlady, a décerné le prix du meilleur film à L’ÉPOUVANTAIL (Davydov) lors de la soirée de clôture au cinéma Max Linder.

Tous en salles !

Après plus de deux cent jours d’une fermeture inédite, les salles de cinéma ouvrent à nouveau leurs portes en France. En attendant les festivals de cinéma russe (Paris, Honfleur, Niort …), en attendant la sortie de FIDÉLITÉ (Saïfoullaeva, 2019) en août, de nombreux cinémas ressortent le magnifique MICHEL-ANGE d’Andreï Kontchalovski !

Image : Egor Barinov et Kristina Schneider dans IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’EST (Sadilova, 2019)

Décès de Kakhi Kavsadze

1935-2021

Issu d’une famille d’artistes géorgiens, Kakhi Kavsadze s’est illustré comme acteur dans presque 90 films, pour le cinéma ou la télévision, depuis le milieu des années 1950, en parallèle d’une riche carrière théâtrale. Il reste célèbre pour quelques compositions importantes, au premier rang desquelles figure son interprétation du chef basmatchi Abdoullah dans LE SOLEIL BLANC DU DÉSERT (Motyl, 1970).

À propos de ce rôle, il avait déclaré :

« C’était une personne qui vivait sa propre vie, obéissait à ses lois, à ses traditions, et soudain quelqu’un arrive et lui dit « Vous devez vivre comme moi ! ». Il n’aime pas ça. Ce n’est pas un bandit, c’est une personne qui défend ses traditions et sa maison. » (2013)

La même année 1970, Kakhi Kavsadze apparaît en arrière-plan d’un restaurant dans IL ÉTAIT UNE FOIS UN MERLE CHANTEUR d’Otar Iosseliani. Dès lors, et jusqu’à la fin de sa carrière, il interprète des personnages dans les films de ses compatriotes géorgiens : on le retrouve, notamment, dans LE COUP DE FOUDRE (Essadze, 1975) ou LE REPENTIR (Abouladze, 1984). Il est aussi un autre tsar Ivan le Terrible chez Guennadi Vassiliev en 1991 et un Don Quichotte dans une série télévisée soviético-espagnole en 1988, réalisée par Revaz Tchkheidze.

Kakhi Kavsadze s’est éteint ce 27 avril 2021 à l’hôpital universitaire de Tbilissi (Géorgie), des suites de la Covid-19.

33ème cérémonie des Nika (2021)

Le 25 avril 2021 – le même soir que les Oscars (!) – s’est déroulée la 33ème cérémonie des Nika, principales récompenses du cinéma russe. Une édition particulière récompensant, pour la première fois, deux années consécutives de cinéma (2019 et 2020), perturbées par la pandémie de Covid-19.

La cérémonie, retransmise en direct pendant près de cinq heures au Vegas City Hall de Moscou, a largement récompensé deux vétérans du cinéma russe, Andreï Smirnov et Andreï Kontchalovski, ainsi que plusieurs jeunes talents dont les performances ont été remarquées au-delà des seules frontières nationales.

Palmarès 2019 (extraits)

  • Meilleur film : Le Français, d’Andreï Smirnov
  • Meilleur réalisateur : Andreï Smirnov
  • Meilleur acteur : Leonid Iarmolnik dans Odessa (V. Todorovski)
  • Meilleure actrice : Samal Yeslyamova dans Ayka (S. Dvortsevoï) et Victoria Mirochnitchenko dans Une grande fille (K. Balagov)
  • Meilleur acteur dans un second rôle : Alexandre Balouev dans Le Français (A. Smirnov)
  • Meilleure actrice dans un second rôle : Natalia Teniakova dans Le Français (A. Smirnov)
  • Meilleur scénario : Texto, de Kim Chipenko
  • Meilleure photographie : Michel-Ange, d’Andreï Kontchalovski
  • Révélation de l’année : Alexandre Zolotoukhine pour Une jeunesse russe

Auteur du roman à succès Texto (L’Atalante, 2019) et scénariste du film éponyme, l’écrivain Dmitri Gloukhovski s’est exprimé sur l’importance du cinéma en recevant son prix du meilleur scénario :

« Vous avez une grande responsabilité car le cinéma est un art du plus grand nombre. Les gens se tournent vers le cinéma non seulement pour se divertir et se distraire, mais aussi pour y chercher un reflet de leur propre vie et des réponses à leurs questions. Il est important que les films montrent la vérité. » (D. Gloukhovski, 2021)

Palmarès 2020 (extraits)

Un prix spécial a été attribué au scénariste Rustam Ibragimbekov (Le soleil blanc du désert, Soleil trompeur …) pour l’ensemble de sa carrière, ainsi qu’à la célèbre critique Elena Stichova.

Voir aussi