Le 100ème article !

Un pas de côté inhabituel, pour changer un peu des critiques de films et des actualités : Perestroikino fête aujourd’hui son 100ème article ! L’occasion pour moi de dresser un premier bilan de ce blog, débuté pendant le confinement d’avril 2020, il y a presque une année.

Je suis toujours étonné d’observer les statistiques du blog : elles ne cessent de monter. Oh, bien sûr, elles ne se prévalent pas de concurrencer certains sites ou blogs spécialisés, lesquels attirent chaque jour des milliers de personnes, mais le sujet du cinéma russe et soviétique semble plaire à quelques centaines de curieux hebdomadaires, parfois fidèles. Ainsi, voici le Top 5 des articles les plus lus en 2020 sur Perestroikino :

En somme, à l’exception de la série diffusée sur Netflix, du grand classique et une curiosité fantastique de la fin des années 1980. Mais d’où venez-vous, chers visiteurs ? De France et de Russie principalement, mais aussi des États-Unis, de Chine, d’Italie, de Belgique, d’Ukraine, d’Algérie, de Tunisie, de Madagascar, du Kazakhstan ou d’Haïti. Un véritable village global regroupé autour des richesses du cinéma russe et soviétique !

D’abord axé sur les critiques de films disponibles en DVD / Blu-ray, Perestroikino est maintenant un blog traitant de l’actualité du cinéma russe et soviétique en France et propose, au gré de mes envies (et de mes disponibilités), une éphéméride, des gros plans sur des affiches ou des chroniques de festivals, ainsi que des publications sur Facebook et Twitter.

Vos commentaires, sur le blog ou sur les réseaux sociaux, sont toujours bienveillants, et l’écriture régulière m’a permis de faire de très jolies rencontres. C’est donc plein de reconnaissance que je vous adresse, à tous, un très grand merci et vous donne rendez-vous bientôt pour fêter … le 1000ème article ?

Un peu de cinéma russe pour débuter l’année 2021 !

Après cette morne année 2020 dans les salles de cinéma françaises, de bonnes nouvelles arrivent … au moins sur le papier. Trois films sont annoncés sur les écrans : une ressortie d’abord, dans la foulée du magnifique coffret DVD / Blu-ray édité par Potemkine (2020) : SOY CUBA (Я — Куба, 1964) de Mikhaïl Kalatozov devrait ainsi susciter l’admiration des cinéphiles dès le 20 janvier 2021 dans quelques cinémas. Un film d’animation, ensuite : LE VOYAGE DE SERAPHIMA (Необыкновенное путешествие Серафимы, 2015) débarquera le 3 février 2021 dans les salles françaises, cinq ans après sa sortie en Russie. Enfin, le 31 mars 2021, KMBO distribuera en France le dernier film de Vadim Perelman, LES LEÇONS PERSANES (Уроки фарси, 2020), présenté à la dernière Berlinale.

Côté DVD / Blu-ray / VOD, le choix est pour le moment assez limité … et relativement peu enthousiasmant. Dès le 9 janvier, First International Production annonce la sortie de COSMOBALL (Вратарь галактики, 2020) de Djanik Faiziev, dont le synopsis laisse augurer un prochain article dans la catégorie Nanar du blog. Plus intéressante s’annonce la sortie en février de TROIS SECONDES (Движение вверх, 2017) d’Anton Meguerditchev chez Factoris Films, film avec un beau casting et d’importants moyens pour retracer un épisode des Jeux Olympiques d’été de 1972. Enfin, sans surprises, le MICHEL-ANGE de Kontchalovski ne reviendra pas en salles, mais sortira en DVD et Blu-ray chez Potemkine mi-mars 2021.

Il y a 125 ans …

Le 28 décembre 1895, dans le salon indien du Grand Café, au 14 du boulevard des Capucines à Paris, les frères Lumière organisaient la première projection publique et payante de leurs films. Certains historiens considèrent cette date comme la véritable naissance du cinéma. À l’heure où nos salles françaises (et souvent européennes) sont fermées, il est bon de se souvenir de tous ces pionniers qui parcourent le monde à la recherche de nouvelles images à montrer aux spectateurs, de plus en plus passionnés par ce spectacle novateur, promis à un avenir radieux.

Cette commémoration est aussi l’occasion de repenser à Johnny First (alias Andreï Mironov, dont ce fut le dernier rôle), autre pionnier malheureusement oublié des livres d’Histoire, héroïque aventurier de l’Ouest, prêt à braver la rusticité des foules pour présenter, avec sa jolie caméra Pathé, les premiers films des frères Lumière. Bon anniversaire, aussi, à cet HOMME DU BOULEVARD DES CAPUCINES (Sourikova, 1987) !

Sean Connery en URSS … de l’indifférence et une chanson !

Pour saluer la mémoire du grand acteur britannique Sean Connery (1930-2020), quelques images extraites de sa participation au film LA TENTE ROUGE (Красная палатка, 1969), dernier long métrage de Mikhaïl Kalatozov.

Sean Connery, qui sortait du succès international de ON NE VIT QUE DEUX FOIS (Gilbert, 1967), cinquième épisode des aventures de James Bond au cinéma, incarne dans ce film soviético-italien le rôle de l’explorateur polaire Roald Amundsen, dans une histoire romancée autour de l’expédition de 1928, qui lui coûta la vie.

L’acteur britannique était alors pratiquement inconnu en URSS puisque les films dans lesquels il incarne le célèbre agent 007 n’étaient pas diffusés dans le monde communiste. Il ne resta que trois semaines sur le tournage, le temps pour lui d’admirer l’indifférence générale de l’équipe et des curieux à son égard – ce qui ne manqua pas de le surprendre. D’après Vladimir Vyssotski, qui lui consacra une chanson comique par la suite (Une chanson sur James Bond, l’agent 007 / Песня про Джеймса Бонда, агента 007), il organisa même une fête, avec alcool étranger à volonté, pour divertir et sympathiser avec les soviétiques : les invités finirent tous les verres et quittèrent la soirée, sans avoir compris un mot d’anglais, seule langue parlée par leur hôte !

Dans la version soviétique du film, Sean Connery est doublé par Youri Yakovlev.

De l’importance du cinéma

« Qu’est-ce qui conduit les gens au cinéma ? Pourquoi entrer dans une salle obscure où, deux heures durant, est projeté un jeu d’ombres sur un écran ? Un besoin de distraction, une sorte de drogue ? Il y a certes des trusts et des organismes de loisirs dans le monde qui exploitent le cinéma et la télévision comme n’importe quelle autre forme de spectacle. Mais l’important n’est pas là. Il faut partir du principe de base du cinématographe qui a quelque chose à voir avec le besoin qu’éprouve l’homme de maîtriser, de connaître le monde. Je crois que la motivation principale d’une personne qui va au cinéma est une recherche du temps : du temps perdu, du temps négligé, du temps à retrouver. Elle y va pour chercher une expérience de vie, parce que le cinéma, comme autre art, élargit, enrichit, concentre l’expérience humaine. Plus qu’enrichie, son expérience est rallongée, rallongée considérablement. Voilà où réside le véritable pouvoir du cinéma et non dans les stars, les aventures ou la distraction. Et c’est aussi pourquoi, au cinéma, le public est davantage un témoin qu’un spectateur. »

Andreï Tarkovski, Le temps scellé, 1989

Image : Leonid Bitchevine dans MORPHINE (Balabanov, 2008).

Décès d’Irina Skobtseva

1927-2020

Actrice et professeur de théâtre au VGIK, elle était l’épouse du réalisateur Sergueï Bondartchouk (1920-1994) et la mère de Fiodor (1967) et Elena Bondartchouk (1962-2009).

Fort d’une carrière de près de 80 rôles au cinéma et à la télévision, souvent créditée en second rôle dans les films de son mari, elle apparaît notamment dans GUERRE ET PAIX (Война и мир, 1966-67), WATERLOO (Ватерлоо, 1970) ou BORIS GODOUNOV (Борис Годунов, 1986). Elle est aussi la mère de Vera Alentova dans LA JALOUSIE DES DIEUX (Зависть богов, 2000) de Vladimir Menchov et Desdémone dans l’OTHELLO (Отелло) de Sergueï Ioutkevitch, son premier rôle à l’écran en 1955.

Elle s’est éteinte à 93 ans, vingt-six ans, jour pour jour, après son mari.

Andreï Kontchalovski (encore) récompensé à Venise !

Si les spectateurs français n’ont pas eu l’occasion de rencontrer le réalisateur russe, pourtant annoncé pour un grand entretien avec Michel Ciment à l’occasion de la rétrospective de ses films à la Cinémathèque, ils se réjouiront tout de même du nouveau succès italien d’Andreï Kontchalovski, lauréat du Prix Spécial du Jury lors de la 77ème Mostra de Venise, pour son nouveau film CHERS CAMARADES (Дорогие товарищи), dont c’était l’avant-première mondiale.

Ci-dessous, quelques photographies publiées sur le compte Facebook officiel du réalisateur, très attaché à ce festival où il a souvent été nominé et récompensé.

Andreï Kontchalovski et la Mostra de Venise :

  • 1966 : LE PREMIER MAÎTRE – nomination pour le Lion d’or
  • 1984 : MARIA’S LOVERS – nomination pour le Lion d’or
  • 2002 : LA MAISON DE FOUS – Grand Prix du Jury
  • 2014 : LES NUITS BLANCHES DU FACTEUR – Lion d’argent du meilleur réalisateur
  • 2016 : PARADIS – Lion d’argent du meilleur réalisateur
  • 2020 : CHERS CAMARADES – Prix Spécial du Jury

Ci-dessous, l’affiche du film :