Andreï Kontchalovski (encore) récompensé à Venise !

Si les spectateurs français n’ont pas eu l’occasion de rencontrer le réalisateur russe, pourtant annoncé pour un grand entretien avec Michel Ciment à l’occasion de la rétrospective de ses films à la Cinémathèque, ils se réjouiront tout de même du nouveau succès italien d’Andreï Kontchalovski, lauréat du Prix Spécial du Jury lors de la 77ème Mostra de Venise, pour son nouveau film CHERS CAMARADES (Дорогие товарищи), dont c’était l’avant-première mondiale.

Ci-dessous, quelques photographies publiées sur le compte Facebook officiel du réalisateur, très attaché à ce festival où il a souvent été nominé et récompensé.

Andreï Kontchalovski et la Mostra de Venise :

  • 1966 : LE PREMIER MAÎTRE – nomination pour le Lion d’or
  • 1984 : MARIA’S LOVERS – nomination pour le Lion d’or
  • 2002 : LA MAISON DE FOUS – Grand Prix du Jury
  • 2014 : LES NUITS BLANCHES DU FACTEUR – Lion d’argent du meilleur réalisateur
  • 2016 : PARADIS – Lion d’argent du meilleur réalisateur
  • 2020 : CHERS CAMARADES – Prix Spécial du Jury

Ci-dessous, l’affiche du film :

Bonne rentrée 2020 !

Masqué, calfeutré derrière son bureau et condamné à la désinfection permanente, des pieds à la tête, le professeur d’Histoire de 2020 entre dans le présent avec de singuliers regains de nostalgie, accentuant un peu plus – comme si c’était possible … – son goût immodéré pour le passé, havre de paix factice où l’on se faisait tranquillement guillotiner la bouche ouverte, les mains sales et l’esprit ardent.

En photographie : Constantin Khabenski dans LE GÉOGRAPHE A BU SON GLOBE (Географ глобус пропил, Veledinski, 2013).

Rétrospectives du cinéma russe et soviétique à la Cinémathèque !

La prochaine rentrée des classes devrait coïncider, cette année 2020, avec de jolis moments d’émotions cinéphiles venus de Russie ! La Cinémathèque française annonce deux rétrospectives passionnantes : la première consacrée au cinéaste Andreï Kontchalovski, la seconde aux réalisatrices pionnières du cinéma soviétique.

Rétrospective Andreï Kontchalovski (14 septembre – 17 octobre 2020)

Interrompue par la crise sanitaire liée à la Covid-19, la rétrospective dédiée au réalisateur Andreï Kontchalovski reprendra en septembre 2020. Elle comprendra notamment la diffusion de 20 films du cinéaste, soit presque l’intégralité de sa filmographie, du PREMIER MAÎTRE (1965) à CHER CAMARADE ! (2020). Ne seront pas visibles : A LOVER’S ROMANCE (1974, Романс о влюбленных), son court métrage de 1982 réalisé aux Etats-Unis (SPLIT CHERRY TREE), son CASSE-NOISETTE EN 3D (2010) et le documentaire BATAILLE POUR L’UKRAINE (2014, Битва за Украину).

Tous les films seront diffusés deux fois, à l’exception de son dernier opus, CHER CAMARADE ! (2020), projeté uniquement le lundi 14 septembre en ouverture de la rétrospective et sélectionné à la Mostra de Venise.

Enfin, sous réserve de changements liés à la situation sanitaire, une rencontre sera organisée entre le cinéaste et Michel Ciment le mercredi 16 septembre 2020.

Voir aussi :

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Pionnières du cinéma soviétique (du 14 au 29 octobre 2020)

« Jusqu’aux années 1960, il y eut plus de réalisatrices en URSS que dans aucun autre pays. Ce n’est peut-être pas une simple note en bas de page de l’histoire, mais une question politique. L’accès des femmes aux moyens de production – par exemple du cinéma –, la remise en question de la division du travail par genres, ne se fait pas « naturellement », progressivement, mais est un processus révolutionnaire, qui se heurte à de fortes résistances et retours en arrière. »

D’Esther Choub à Nadejda Kocheverova en passant par Alexandra Khokhlova, la Cinémathèque française propose de (re)découvrir une dizaine de courts et longs métrages, réalisés entre 1926 et 1947 par des femmes aux trajectoires différentes. « Le fait de pouvoir nommer, avant 1947, plus de dix réalisatrices importantes de longs métrages, autant de documentaristes et quelques animatrices, montre le fort impact de la révolution dans un pays auparavant supposé plus arriéré que l’Europe occidentale » précise l’introduction d’Irène Bonnaud et Bernard Eisenschitz.

La liste complète des films :

  • L’AFFAIRE DES FERMOIRS (1929, Дело с застёжками) d’Alexandra Khokhlova – court métrage
  • BUBA (1930, Буба) de Nutsa Gogoberidze – court métrage
  • CENDRILLON (1947, Золушка) de Nadejda Kocheverova et Mikhaïl Chapiro
  • GAVROCHE (1937, Гаврош) de Tatiana Loukachevitch
  • GÉNÉRATION DES VAINQUEURS (1936, Поколение победителей) de Vera Stroeva
  • KACHTANKA (1926, Каштанка) d’Olga Preobrajenskaïa
  • KOMSOMOL À LA TÊTE DE L’ÉLECTRIFICATION (1932, Комсомол — шеф электрификации) d’Esther Choub
  • PÈRE ET FILS (1936, Отец и сын) de Margarita Barskaïa
  • SACHA (1930, Саша) d’Alexandra Khokhlova
  • SOULIERS PERCÉS (1933, Рваные башмаки) de Margarita Barskaïa
  • UJMURI (1934, Мрачная равнина) de Nutsa Gogoberidze
  • VAVILA LE TERRIBLE ET TANTE ANNA (1928, Грозный Вавила и тетка Арина) d’Olga Khodataeva et Nikolaï Khodataev – court métrage d’animation

Voir aussi :

Le 6ème Festival du Cinéma Russe de Niort (2020)

Pour sa sixième édition, l’association Festival du Cinéma Russe de Niort propose aux spectateurs avides de (re)découvertes d’explorer les « romances de Russie ». Au programme de ces quelques journées cinéphiles, une dizaine de films piochés dans les périodes soviétique et contemporaine, de la comédie au drame, en passant par l’animation et le film de sport.

Le Festival se déroulera du mercredi 26 août au samedi 29 août 2020, au cinéma CGR de Niort (Place de la Brèche, 79000 NIORT). Le tarif unique pour chaque film est de 5,5€ mais un abonnement fidélité est possible (voir détails sur la page Facebook du Festival).

Mercredi 26 août 2020 :

  • 14h : 5 films d’animation, de 1945 à 1987.
  • 15h30 : L’AMOUR (1991, Любовь) de Valeri Todorovski.
  • 19h45 : 9 JOURS ET UN MATIN (2014, 9 дней и одно утро) de Vera Storojeva – en présence de l’actrice Anna Sherbinina.

Jeudi 27 août 2020 :

  • 14h : ROMANCE DE BUREAU (1977, Служебный роман) d’Eldar Riazanov.
  • 17h30 : LES AILES (1966, Крылья) de Larissa Chepitko.
  • 20h : LE JOURNAL DE SA FEMME (2000, Дневник его жены) d’Alekseï Outchitel.

Vendredi 28 août 2020 :

  • 14h : L’ETOILE D’UN MERVEILLEUX BONHEUR (1975, Звезда пленительного счастья) de Vladimir Motyl.
  • 17h30 : LONGS ADIEUX (1971, Долгие проводыà) de Kira Mouratova.
  • 20h15 : LE SACRIFICE (1986, Offret) d’Andreï Tarkovski – en présence de l’actrice Valérie Mairesse.

Samedi 29 août 2020 :

  • 11h : 9 JOURS ET UN MATIN (2014, 9 дней и одно утро) de Vera Storojeva.
  • 14h30 : LE LÉGENDAIRE N°17 (2013, Легенда № 17) de Nikolaï Lebedev.
  • 17h30 : ICE – LA GLACE (2018, Лёд) d’Oleg Trofim.

Plus d’informations sur :

Ennio Morricone et le cinéma russe

Ennio Morricone (1928-2020) s’est éteint ce 6 juillet au cœur de sa ville natale, Rome, fêté de son vivant comme l’un des plus importants compositeurs de musiques de films du XXe siècle. De Sergio Leone à Quentin Tarantino, en passant par Brian de Palma, Bertolucci, Terrence Malick, Pasolini et beaucoup d’autres, Il Maestro laisse une oeuvre gigantesque, dépassant les 500 partitions originales, parmi lesquelles des thèmes parfois plus célèbres que les films qu’ils devaient mettre en valeur.

Au milieu de cette pléthore internationale, je me suis amusé à chercher d’éventuelles collaborations avec des réalisateurs soviétiques ou russes. Quête chimérique – ou presque ! À la fin des années 1960, Ennio Morricone est bien le compositeur de la bande originale du film LA TENTE ROUGE (La tenda rossa / Красная палатка, 1969), réalisé par Mikhaïl Kalatozov. Compositeur oui … mais seulement de la version italienne.

Le film est une rare coproduction soviético-italienne. En regardant de plus près le casting, on découvre que la musique originale de la version diffusée en Union Soviétique est signée Alexandre Zatsepine (le compositeur et auteur des chansons de plusieurs films de Leonid Gaïdaï, notamment).

Un film, deux musiques différentes : arrangements commerciaux avec les goûts de publics différents ou impériosités techniques ? Le compositeur Alexandre Zatsepine a livré sa version des faits, en arguant que sa partition n’était pas achevée au moment du montage final, obligeant le producteur italien à enregistrer rapidement une musique avec Ennio Morricone. Ainsi, l’expérience du maître avec le cinéma soviétique se serait limitée à un remplacement dans l’urgence … ce qui ne gâche rien à la beauté du thème !

Afin de se convaincre, et ainsi rendre hommage à ces deux grands musiciens, voici des liens pour écouter le thème soviétique et le thème italien :

La Russie en force au festival du film d’animation d’Annecy (2020)

Comme de nombreux événements culturels liés au cinéma, le Festival international du film d’animation d’Annecy a dû composer, cette année, avec une actualité sanitaire délicate. Pour l’édition 2020, qui se déroule du 15 au 30 juin, tout se passe en ligne, sur le site internet du Festival et une plateforme dédiée à la diffusion des films (accessible pour tous, moyennant une cotisation de 15€).

Le programme n’en est pas moins riche et accorde, comme souvent, une large place aux films d’animation russes. De quoi rattraper (peut-être) les déceptions de la sélection officielle du Festival de Cannes 2020 …

Longs métrages en compétition :

  • GINGER’S TALE (Огонек-огниво), de Konstantin Chtchekine
  • THE NOSE OF THE CONSPIRACY OF MAVERICKS (Нос, или Заговор не таких), d’Andreï Khrjanovski

Sur le papier, deux films très différents : le premier raconte l’histoire d’un jeune garçon, d’une méchante Reine et d’une pierre de feu ; le second traite du courage d’artistes d’avant-garde sous la dictature stalinienne.

Courts métrages en compétition :

  • 10.000 UGLY INKBLOTS (10000 безобразных пятен), de Dmitri Geller
  • GORODSKAYA KOZA (Городская коза) de Svetlana Razgouliaeva
  • MY GALACTIC TWIN GALACTION (Мой галактический двойник Галактион), d’Alexandre Svriski
  • SCHAST’E (Счастьe), d’Andreï Zhidkov

Un homme en quête du bonheur, un combat entre le bien et le mal, une chèvre qui vient travailler dans une ville sibérienne et les retrouvailles de deux artistes … quatre histoires originales, aussi énigmatiques que diversifiées dans leurs techniques (ordinateur, 2D, 3D ou dessins sur papier).

D’autres courts métrages :

Présentés en Perspectives, Films de fin d’études, Jeunes publics ou Films de commande.

  • POGOVORIM ? de Ekaterina Mikheeva
  • WWF xIVAN DORN « WILD », de Petrick Animation Studio (voir en ligne)
  • DEVOCHKA-PTICHKA (Девочка-птичка) de Ekaterina Nevostrueva
  • TEPLAYA ZVEZDA (Теплая звезда) d’Anna Kuzina
  • AIRSHIP OF UNKNOWN DIRECTION (Дирижабль неизвестного направления) d’Alexandra Galitskova
  • NAKED de Kirill Khatchatourov

Plus d’informations :


Mise à jour du 30 juin 2019

Le palmarès : 2 films russes récompensés.

  • Prix du jury (long métrage) : THE NOSE OF THE CONSPIRACY OF MAVERICKS (Нос, или Заговор не таких), d’Andreï Khrjanovski
  • Cristal du film de fin d’étude : NAKED de Kirill Khatchatourov

Cannes 2020 : invisible Russie !

Thierry Frémeaux, le délégué général du Festival de Cannes, a annoncé ce soir la sélection officielle des films retenus pour la 73ème édition du plus célèbre festival de cinéma dans le monde – édition particulière et symbolique, sans récompenses ou véritable compétition.

Malheureusement, aucun film russe n’a été cité dans la liste des 56 films pour l’année 2020.

Les dernières éditions avaient pourtant été marquées par d’éclatantes découvertes ou confirmations du talent des réalisateurs russes, donnant un peu plus de visibilité européenne et mondiale à un cinéma qui s’exporte difficilement.

En 2017 :

  • FAUTE D’AMOUR (Andreï Zviaguintsev) : Prix du jury
  • TESNOTA, UNE VIE À L’ÉTROIT (Kantemir Balagov) : Compétition pour la Caméra d’or

En 2018 :

  • LETO (Kirill Serebrennikov) : Sélection officielle, Cannes Soundtrack Award
  • CALENDAR (Igor Poplauhin) : 2ème prix Cinéfondation
  • NORMAL (Mikhaïl Borodine) : Semaine de la critique (courts métrages)
  • AYKA (Sergueï Dvortsevoï) : Sélection officielle, Meilleure actrice (Samal Yeslyamova)

En 2019 :

  • UNE GRANDE FILLE (Kantemir Balagov) : Prix de la mise en scène Un Certain Regard, Prix FIPRESCI
  • IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’EST (Larissa Sadilova) : Un Certain Regard
  • COMPLEX SUBJECT (Olesya Yakovleva) : Cinéfondation