Décès de Kakhi Kavsadze

1935-2021

Issu d’une famille d’artistes géorgiens, Kakhi Kavsadze s’est illustré comme acteur dans presque 90 films, pour le cinéma ou la télévision, depuis le milieu des années 1950, en parallèle d’une riche carrière théâtrale. Il reste célèbre pour quelques compositions importantes, au premier rang desquelles figure son interprétation du chef basmatchi Abdoullah dans LE SOLEIL BLANC DU DÉSERT (Motyl, 1970).

À propos de ce rôle, il avait déclaré :

« C’était une personne qui vivait sa propre vie, obéissait à ses lois, à ses traditions, et soudain quelqu’un arrive et lui dit « Vous devez vivre comme moi ! ». Il n’aime pas ça. Ce n’est pas un bandit, c’est une personne qui défend ses traditions et sa maison. » (2013)

La même année 1970, Kakhi Kavsadze apparaît en arrière-plan d’un restaurant dans IL ÉTAIT UNE FOIS UN MERLE CHANTEUR d’Otar Iosseliani. Dès lors, et jusqu’à la fin de sa carrière, il interprète des personnages dans les films de ses compatriotes géorgiens : on le retrouve, notamment, dans LE COUP DE FOUDRE (Essadze, 1975) ou LE REPENTIR (Abouladze, 1984). Il est aussi un autre tsar Ivan le Terrible chez Guennadi Vassiliev en 1991 et un Don Quichotte dans une série télévisée soviético-espagnole en 1988, réalisée par Revaz Tchkheidze.

Kakhi Kavsadze s’est éteint ce 27 avril 2021 à l’hôpital universitaire de Tbilissi (Géorgie), des suites de la Covid-19.

33ème cérémonie des Nika (2021)

Le 25 avril 2021 – le même soir que les Oscars (!) – s’est déroulée la 33ème cérémonie des Nika, principales récompenses du cinéma russe. Une édition particulière récompensant, pour la première fois, deux années consécutives de cinéma (2019 et 2020), perturbées par la pandémie de Covid-19.

La cérémonie, retransmise en direct pendant près de cinq heures au Vegas City Hall de Moscou, a largement récompensé deux vétérans du cinéma russe, Andreï Smirnov et Andreï Kontchalovski, ainsi que plusieurs jeunes talents dont les performances ont été remarquées au-delà des seules frontières nationales.

Palmarès 2019 (extraits)

  • Meilleur film : Le Français, d’Andreï Smirnov
  • Meilleur réalisateur : Andreï Smirnov
  • Meilleur acteur : Leonid Iarmolnik dans Odessa (V. Todorovski)
  • Meilleure actrice : Samal Yeslyamova dans Ayka (S. Dvortsevoï) et Victoria Mirochnitchenko dans Une grande fille (K. Balagov)
  • Meilleur acteur dans un second rôle : Alexandre Balouev dans Le Français (A. Smirnov)
  • Meilleure actrice dans un second rôle : Natalia Teniakova dans Le Français (A. Smirnov)
  • Meilleur scénario : Texto, de Kim Chipenko
  • Meilleure photographie : Michel-Ange, d’Andreï Kontchalovski
  • Révélation de l’année : Alexandre Zolotoukhine pour Une jeunesse russe

Auteur du roman à succès Texto (L’Atalante, 2019) et scénariste du film éponyme, l’écrivain Dmitri Gloukovski s’est exprimé sur l’importance du cinéma en recevant son prix du meilleur scénario :

« Vous avez une grande responsabilité car le cinéma est un art du plus grand nombre. Les gens se tournent vers le cinéma non seulement pour se divertir et se distraire, mais aussi pour y chercher un reflet de leur propre vie et des réponses à leurs questions. Il est important que les films montrent la vérité. » (D. Gloukovski, 2021)

Palmarès 2020 (extraits)

  • Meilleur film : Chers camarades, d’Andreï Kontchalovski
  • Meilleur réalisateur : Andreï Kontchalovski
  • Meilleur acteur : Alexandre Pal dans Plus profond ! (M. Segal)
  • Meilleure actrice : Ioulia Vyssotskaïa dans Chers camarades (A. Kontchalovski) et Tchoulpan Khamatova dans Docteur Lisa (O. Karas)
  • Meilleur acteur dans un second rôle : Sergueï Dreiden dans Journal du blocus (A. Zaitsev)
  • Meilleure actrice dans un second rôle : Tatiana Doguileva dans Docteur Lisa (O. Karas)
  • Meilleur scénario : Plus profond !, de Mikhaïl Segal
  • Meilleure photographie : Journal du blocus, d’Andreï Zaïtsev
  • Révélation de l’année : Philippe Youriev pour Le chasseur de baleines

Un prix spécial a été attribué au scénariste Rustam Ibragimbekov (Le soleil blanc du désert, Soleil trompeur …) pour l’ensemble de sa carrière, ainsi qu’à la célèbre critique Elena Stichova.

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Marc Ferro, russophile et passeur d’Histoire(s)

J’aurais pu rester sur cette terrible injonction de mon vénéré professeur d’histoire contemporaine, historiographe de l’empire colonial français en Afrique, nous proclamant un jour de mauvaise humeur qu’un historien spécialiste de plusieurs époques différentes n’est pas digne de confiance – œil sombre tourné vers Marc Ferro et son Livre noir du colonialisme (Rober Laffont, 2003). Il faut dire que Ferro avait le cœur large dans ses passions et recherches, publiant à la fois sur l’expansion coloniale au XIXe siècle, les deux guerres mondiales, Pétain et Vichy, l’Union Soviétique et le communisme, et sur les liens entre histoire et cinéma.

Le première fois que je le rencontrai, lors d’un salon du livre à Versailles, il me confia que son Cinéma et Histoire, initialement publié en 1977 puis réécrit et réédité plusieurs fois, était son ouvrage préféré. Il y détaille, sous forme de petits essais, regroupés par la volonté d’un éditeur, plusieurs axes de recherche quant aux rapports privilégiés entretenus, dès la naissance du cinéma de masse, par les politiques étatiques et la représentation des sociétés à l’écran. Russophile et historien de la Russie soviétique, Marc Ferro consacre naturellement plusieurs pages d’analyse au cinéma d’Eisenstein et au film TCHAPAÏEV (Vassiliev, 1934), comme modèle du film stalinien.

Quelques années plus tard, Marc Ferro poursuivit son exploration méthodologique du cinéma comme « agent de l’histoire » ou « symptôme du mouvement de l’histoire » dans Films et histoire (1984) avec, là encore, plusieurs articles consacrés au cinéma soviétique, rédigés par d’autres historiens, telles Hélène Puiseux et Françoise Navailh.

Dans l’un de ses derniers ouvrages, le passionnant Les Russes, l’esprit d’un peuple (Tallandier, 2017), Marc Ferro a ces mots qui me touchent particulièrement :

« La Russie est arrivée dans ma vie en contrebande. Honnêtement, je n’avais aucune raison de m’y intéresser. »

Revenant sur son histoire personnelle, l’historien cherche à comprendre, dans ce chapitre, comment il est arrivé à fouiller les archives d’un pays dont il ne connaissait presque rien. Ces deux phrases, noyées dans les évocations de son parcours d’historien de l’Union Soviétique, pourraient être érigées en frontispice de ce blog, animé par une passion inouïe pour la Russie (et son cinéma, naturellement), passion née d’un ailleurs passé, probablement enfantin, parfois difficile à déchiffrer.

Nous n’oublierons pas Marc Ferro, défricheur, analyste, contemplateur et passeur d’Histoire(s), pour le plus grand nombre.

1er anniversaire du blog !

Perestroikino est né le 20 avril 2020, pendant le premier confinement lié à la crise sanitaire du coronavirus. Je suis très heureux de fêter aujourd’hui son premier anniversaire … en confinement. À croire que nous vivons dans une bulle kafkaïenne dans laquelle tout n’est que recommencement. Depuis combien de semaines, de mois, les salles de cinéma sont-elles fermées en France ?

Toutefois, pour ne pas céder à la morosité facile, je préfère vous offrir, en guise de carte postale d’anniversaire, la joyeuse ambiance de LA NUIT DE CARNAVAL (Riazanov, 1956), avec ses jolies couleurs, ses femmes radieuses, son champagne et ses sourires éclatants.

Je profite aussi de cette occasion pour signaler mon immense plaisir (et ma fierté) d’avoir réalisé, il y a quelques jours, un entretien avec Jacques Simon, le président d’honneur de l’association Kinoglaz, la référence française que tous les passionnés du cinéma russe et soviétique connaissent bien. Au regard des statistiques récentes, vous semblez avoir été nombreux à découvrir ou explorer ce blog grâce à cette interview ; j’en suis particulièrement heureux !

Il me plaît donc, ici, de remercier tous ceux qui ont permis à ce petit blog de prendre vie tout au long de cette première année : un immense merci à Jacques Simon pour ses encouragements de la première heure, à l’association Kinoglaz, à mon ami Yoran Legemble (Captionity) pour ses bannières et logos, aux fidèles du blog, aux fidèles des réseaux sociaux, aux visiteurs de passage, aux visiteurs qui commentent et à tous les nouveaux cinéphiles qui prennent le temps de me lire régulièrement !

Et pour les années à venir ? Davaï !

Youri Gagarine : le fantôme du cinéma russe ?

C’était il y a soixante ans, jour pour jour : le 12 avril 1961, Youri Gagarine entrait dans la légende comme premier homme à effectuer un vol dans l’espace et une orbite autour de la Terre. Une heure et quarante-huit minutes d’éternité, avant de retrouver le sol de la Mère Patrie, non loin de la Volga, et d’être acclamé dans le monde entier comme un héros, pionnier de la conquête spatiale.

Six décennies plus tard, il est assez étonnant de constater que la figure du cosmonaute reste très marginale dans le cinéma russe. À bien y regarder, c’est surtout le directeur du programme spatial soviétique, Sergueï Korolev, qui intéresse les scénaristes et les réalisateurs ; probablement pour l’ampleur de sa carrière et sa personnalité complexe, restée dans l’ombre.

Si Youri Gagarine apparaît en personne dans des dizaines de documentaires, de son vivant et après sa mort tragique en 1968, il n’est généralement qu’un comparse (parfois sans visage) dans les quelques films de fiction retraçant les exploits soviétiques de la conquête spatiale, et souvent interprété par un acteur de second plan. Ainsi de LA MAÎTRISE DU FEU (Укрощение огня) de Daniil Khrabrovitski, qui rencontra un grand succès populaire à sa sortie en 1972 : le cosmonaute, dont le rôle n’est pas très étoffé, est interprété par deux acteurs non-professionnels, parfaitement inconnus. Le premier, Lavr Lyndin, fut repéré dans la rue, devant les studios, par le réalisateur qui lui trouvait un air de ressemblance avec Gagarine – il joua difficilement quelques minutes à l’écran ; le second, Anatoli Chelombitko, fut la silhouette du cosmonaute dans les séquences où il apparaît en combinaison spatiale.

Le véritable premier film consacré entièrement à Youri Gagarine date de 1976, mais il s’agit d’une évocation de l’enfance du cosmonaute pendant la Seconde Guerre mondiale, non de sa carrière de pilote. Dans AINSI COMMENÇA LA LÉGENDE (Так начиналась легенда), il est interprété par un jeune garçon de 10 ans, Oleg Orlov, engagé avec l’approbation de la mère de Gagarine après de nombreux castings où se présentèrent des milliers d’enfants.

Des années 1970 aux années 2000, la figure de Youri Gagarine semble s’effacer des écrans russes. Il faut attendre les plus récents LE COSMOS COMME PRESSENTIMENT (Outchitel, 2005), la série internationale À LA CONQUÊTE DE L’ESPACE (2005) et LE SOLDAT DE PAPIER (Guerman Jr., 2008) pour retrouver l’ombre légendaire du cosmonaute, toujours filmé en arrière-plan des intrigues, comme un décor historique à part entière, au même titre que la Guerre froide ou la course à l’espace.

Ce n’est qu’au début des années 2010 que l’ambitieux producteur Oleg Kapanets décide de consacrer tout un film biographique au cosmonaute, cinq décennies après son exploit autour de la Terre. Blockbuster à l’américaine, GAGARINE, PREMIER DANS L’ESPACE (2013) bénéficie d’un budget conséquent, d’un tournage à Baïkonour et de l’approbation de la fille du héros, qui participe en personne à la promotion du film. Le cosmonaute est interprété par un jeune acteur, Yaroslav Jalnine, assez ressemblant physiquement mais tiède à l’écran. Las, le film est un semi-échec au box-office russe et sort directement en DVD à l’étranger : le scénario est superficiel, les personnages caricaturaux et la mise en scène confiée à un tâcheron inexpérimenté.

La vie de Youri Gagarine est-elle impossible à transposer au cinéma avec succès ? Assurément non : de son enfance pendant la guerre à sa mort en vol, quelques années après être devenu une légende de la conquête spatiale, il y aurait matière à un biopic foisonnant, à condition d’éviter les artifices émotionnels propres au cinéma contemporain et d’envisager une exploration plus intime des (inévitables) tourments de l’homme, liés aux enjeux qui reposaient sur ses épaules au début des années 1960.

Toutefois, le film de 2013 a eu le mérite de soulever indirectement une question importante : la personnalité du cosmonaute est-elle cinégénique ? Sur ce point, rien n’est moins sûr, tant les témoignages abondent pour présenter Gagarine comme un homme simple, modeste, souriant, bon père et bon mari ; une gravure socialiste de propagande ! On le sait, depuis les premiers films du muet, les vrais gentils ne font pas souvent les meilleurs héros de cinéma. Alors, Gagarine restera peut-être un personnage anecdotique du cinéma russe, prisonnier de sa légende immortelle, comme son nom s’affiche toujours, en lettres d’or, dans un petit carré noir figé dans une des murailles du Kremlin, derrière le mausolée de Lénine.

Pour saluer la mémoire de Bertrand Tavernier (1941-2021)

Aucun autre homme ne fut plus important, dans ma vie de cinéphile, que Bertrand Tavernier. Explorateur vorace de tous les horizons cinématographiques, passeur truculent d’anecdotes inoubliables, enchanteur du passé et éclaireur ardent des films de patrimoine. Au sortir de mes années d’étudiant, à l’université, c’est grâce à ses films, ses interviews, ses entretiens dans les bonus de DVD, ses merveilleux livres et ses films que je compris que le cinéma n’était pas qu’un simple divertissement ou une industrie capitaliste.

Il y a quelques années, lors d’une rencontre à Rennes, à l’occasion de la sortie de QUAI D’ORSAY (2013), il m’écrivit très gentiment quelques mots sur la première page de son Pas à pas dans la brume électrique (Flammarion, 2009), passionnant récit de tournage au cœur du bayou de l’Atchafalaya, en Louisiane. Hier, à l’annonce de sa mort, j’ai relu ses lignes : « Filmer c’est … lutter, douter, rire, explorer, vaincre, aimer ». Autant de vocations que l’on pourrait transposer aussi au seul acte de visionner des films.

Le cinéma comme apprentissage du monde, de l’Histoire, de la vie : ce fut la grande leçon de mon voyage aux côtés de Bertrand Tavernier. Ce blog n’est pas autre chose qu’une découverte, pas à pas, passionnée, charnelle, amusée, éblouie, sidérante, explosive et amoureuse du cinéma russe et soviétique.

Bertrand Tavernier partageait régulièrement sur un blog des conseils DVD, littérature et musique. Relire ses articles est un régal ; comme ses livres, ils fourmillent d’éclats de culture, un mot sur un film oublié amenant une découverte littéraire, puis un hommage à un compositeur méconnu. Il modérait lui-même des centaines de commentaires passionnés, répondant personnellement à des inconnus à toutes les heures du jour et de la nuit. Je dois le reconnaître, c’est, en partie, ce blog qui me donna envie d’écrire sur le cinéma russe.

Si ses passions viscérales restaient le cinéma français et le cinéma américain, Bertrand Tavernier ne se bornait jamais à un seul paysage cinématographique. Sa soif n’avait aucune limite. Récemment, il avait encore partagé sur son blog plusieurs découvertes autour du cinéma soviétique, dont je laisse ici quelques extraits. De MOSCOU NE CROIT PAS AUX LARMES (Menchov, 1980) à REQUIEM POUR UN MASSACRE (Klimov, 1985) en passant par le livre d’entretiens de Michel Ciment et Andreï Kontchalovski (2019), Tavernier s’enthousiasma pour ce cinéma méconnu mais accessible à tous, en bonne qualité et avec de nombreux bonus, grâce à cet incroyable objet que reste le DVD.

Source

Le 100ème article !

Un pas de côté inhabituel, pour changer un peu des critiques de films et des actualités : Perestroikino fête aujourd’hui son 100ème article ! L’occasion pour moi de dresser un premier bilan de ce blog, débuté pendant le confinement d’avril 2020, il y a presque une année.

Je suis toujours étonné d’observer les statistiques du blog : elles ne cessent de monter. Oh, bien sûr, elles ne se prévalent pas de concurrencer certains sites ou blogs spécialisés, lesquels attirent chaque jour des milliers de personnes, mais le sujet du cinéma russe et soviétique semble plaire à quelques centaines de curieux hebdomadaires, parfois fidèles. Ainsi, voici le Top 5 des articles les plus lus en 2020 sur Perestroikino :

En somme, à l’exception de la série diffusée sur Netflix, du grand classique et une curiosité fantastique de la fin des années 1980. Mais d’où venez-vous, chers visiteurs ? De France et de Russie principalement, mais aussi des États-Unis, de Chine, d’Italie, de Belgique, d’Ukraine, d’Algérie, de Tunisie, de Madagascar, du Kazakhstan ou d’Haïti. Un véritable village global regroupé autour des richesses du cinéma russe et soviétique !

D’abord axé sur les critiques de films disponibles en DVD / Blu-ray, Perestroikino est maintenant un blog traitant de l’actualité du cinéma russe et soviétique en France et propose, au gré de mes envies (et de mes disponibilités), une éphéméride, des gros plans sur des affiches ou des chroniques de festivals, ainsi que des publications sur Facebook et Twitter.

Vos commentaires, sur le blog ou sur les réseaux sociaux, sont toujours bienveillants, et l’écriture régulière m’a permis de faire de très jolies rencontres. C’est donc plein de reconnaissance que je vous adresse, à tous, un très grand merci et vous donne rendez-vous bientôt pour fêter … le 1000ème article ?

Décès d’Andreï Miagkov

1938-2021

Vedette populaire de L’IRONIE DU SORT (Riazanov, 1975), de ROMANCE DE BUREAU (Riazanov, 1977) et ROMANCE CRUELLE (Riazanov, 1984), Andreï Miagkov fut aussi un grand comédien du théâtre moscovite. Eternellement associé à son premier succès au cinéma, toujours rediffusé chaque année à la télévision, il considérait pourtant que ce rôle fut néfaste à sa carrière et regrettait que le public l’assimile trop souvent à son personnage.

Andreï Miagkov s’est éteint ce 18 février 2021, à 82 ans.

Un peu de cinéma russe pour débuter l’année 2021 !

Après cette morne année 2020 dans les salles de cinéma françaises, de bonnes nouvelles arrivent … au moins sur le papier. Trois films sont annoncés sur les écrans : une ressortie d’abord, dans la foulée du magnifique coffret DVD / Blu-ray édité par Potemkine (2020) : SOY CUBA (Я — Куба, 1964) de Mikhaïl Kalatozov devrait ainsi susciter l’admiration des cinéphiles dès le 20 janvier 2021 dans quelques cinémas. Un film d’animation, ensuite : LE VOYAGE DE SERAPHIMA (Необыкновенное путешествие Серафимы, 2015) débarquera le 3 février 2021 dans les salles françaises, cinq ans après sa sortie en Russie. Enfin, le 31 mars 2021, KMBO distribuera en France le dernier film de Vadim Perelman, LES LEÇONS PERSANES (Уроки фарси, 2020), présenté à la dernière Berlinale.

Côté DVD / Blu-ray / VOD, le choix est pour le moment assez limité … et relativement peu enthousiasmant. Dès le 9 janvier, First International Production annonce la sortie de COSMOBALL (Вратарь галактики, 2020) de Djanik Faiziev, dont le synopsis laisse augurer un prochain article dans la catégorie Nanar du blog. Plus intéressante s’annonce la sortie en février de TROIS SECONDES (Движение вверх, 2017) d’Anton Meguerditchev chez Factoris Films, film avec un beau casting et d’importants moyens pour retracer un épisode des Jeux Olympiques d’été de 1972. Enfin, sans surprises, le MICHEL-ANGE de Kontchalovski ne reviendra pas en salles, mais sortira en DVD et Blu-ray chez Potemkine mi-mars 2021.